L'Iran met en garde la Turquie contre une attaque en Syrie

Le conflit armé en Syrie déborde de ses frontières. Les Iraniens ont mis en garde la Turquie contre une attaque en territoire syrien, rapporte le journal syrien Al Watan.

Le quotidien a affirmé que Téhéran ripostera « durement » pour venir au secours de son allié.

« La Turquie a reçu au cours des dernières heures des mises en garde très fermes et le message suivant : ''Gare à vous si vous changez les règles du jeu'' », a indiqué le journal, citant un diplomate arabe non identifié.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé Damas le 26 juillet d'avoir « confié » plusieurs zones du nord de la Syrie au PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan) et prévenu qu'Ankara pourrait exercer son droit d'intervention en Syrie contre ces rebelles kurdes de Turquie.

L'armée turque poursuivait lundi le renforcement de son dispositif à la frontière syrienne avec l'envoi de batteries de missiles, de chars et de véhicules de combat d'infanterie dans le sud du pays, selon l'agence de presse Anatolie.

Les rebelles contrôlent une voie entre Alep et la Turquie

Les rebelles syriens ont annoncé lundi avoir pris possession du poste de contrôle stratégique d'Anadan, à 45 km de la frontière turque, qui va leur permettre d'acheminer de l'aide aux combattants à Alep à partir de la Turquie.

« Le poste de contrôle d'Anadan, à 5 km au nord-ouest d'Alep, a été pris [...] après dix heures de combats », a affirmé sur place le général rebelle Ferzat Abdel Nasser, de l'Armée syrienne libre (ASL).

Six soldats ont été tués et 25 autres ont été capturés, a indiqué le général selon lequel les rebelles ont perdu quatre hommes.

Si les combattants maintiennent le contrôle de ce poste, les contacts avec le quartier général de l'ASL, qui se trouve en Turquie, seront facilités.

La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a annoncé que l'un de ses journalistes, Omar Khachram, avait été blessé lundi à Alep, et évacué en Turquie, où il a été hospitalisé.

Les deux camps revendiquent le contrôle d'un quartier d'Alep

Par ailleurs, après trois jours de combats à Alep, une source de sécurité à Damas a affirmé à l'AFP que les troupes régulières avaient repris lundi le contrôle d'une partie du quartier de Salaheddine, principal bastion rebelle.

Cependant, Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep, a affirmé que les soldats n'avaient « pas avancé d'un seul mètre ». « Nous avons repoussé un nouvel assaut contre Salaheddine dans la nuit, et nous avons détruit quatre chars », a dit ce colonel.

Alep, avec ses 2,5 millions d'habitants, est la ville la plus populeuse de Syrie et le poumon économique du pays. Elle est située à seulement à 355 km de la capitale Damas.

La chute d'Alep porterait un coup dur au régime, qui a déjà perdu le contrôle de plusieurs postes frontaliers et pans de territoire au profit des rebelles.

La ville d'Alep est classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

Deux nouvelles défections

Le chargé d'affaires syrien à Londres, Khaled Al-Ayoubi, a démissionné.

« M. Ayoubi nous a dit qu'il ne voulait plus représenter un régime responsable d'actes si violents et si tyranniques contre son propre peuple », a précisé dans un communiqué le ministère britannique des Affaires étrangères.

En Syrie, un général de brigade, qui occupait la fonction de chef adjoint de la police de Lattaquié, dans l'ouest du pays, a déserté et a rejoint la Turquie avec onze officiers.

Selon un responsable turc, environ 600 Syriens ont franchi la frontière turque lors de ces dernières 24 heures. Au total, ils sont 43 500 réfugiés syriens en Turquie.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters