Société - Potager interdit devant une maison : un règlement désuet?

Un couple à qui la Ville de Drummondville ordonne de sacrifier une partie des légumes plantés devant sa maison n'a pas l'intention d'obtempérer. Ces potagers sont d'ailleurs permis dans plusieurs villes du Québec. S'agit-il d'un règlement désuet?

Michel Beauchamp et Josée Landry réclament le droit de cultiver des légumes devant leur résidence, mais la Ville affirme que ce potager contrevient à la réglementation municipale.

Au Québec, d'autres municipalités interdisent les potagers devant les maisons. C'est le cas notamment à Québec, à Longueuil, à Laval et à Terrebonne.

Or, il est permis d'avoir un jardin devant une résidence à Granby, à Montréal, à Saint-Hyacinthe, à Sherbrooke, à Trois-Rivières et à Victoriaville.

Cette histoire a suscité des réactions au Québec et ailleurs dans le monde. L'activiste américain et fondateur de Kitchen Gardeners International, qui a déjà convaincu le président Barack Obama de créer un potager à la Maison-Blanche, a notamment lancé une pétition internationale pour faire plier Drummondville.

Celui qui dirige l'organisme les AmiEs de la Terre de l'Estrie, André Nault, estime quant à lui que le combat du couple de Drummondville est juste. « On va devoir s'adapter par rapport aux nouvelles réalités auxquelles on fait face. J'espère que la réglementation va changer à cause d'une pression citoyenne », affirme-t-il.

Selon lui, l'agriculture urbaine est une tendance de plus en plus lourde. « Les aliments vont devenir prohibitifs parce qu'il y a beaucoup de spéculation par rapport à leur coût. Et [avec un potager], c'est directement une autonomie qu'on peut se procurer », explique André Nault, qui a converti sa pelouse en potager à l'avant de sa résidence de Sherbrooke.

La Ville de Drummondville est-elle à contre-courant? « Non, ils essaient tout simplement d'appliquer une réglementation existante, qui elle, est à contre-courant », dit-il, précisant que cette réglementation date des années 70-75.

La bataille d'un couple contre la Ville

Le potager a été aménagé en avril dernier devant la maison de Josée Landry et de Michel Beauchamp. Il occupe presque toute la surface devant la résidence et le couple dit s'être informé auprès des autorités municipales avant de construire le jardin.

Or, la Ville affirme qu'en aucun temps le personnel municipal n'a autorisé le couple à utiliser cet espace. Elle estime maintenant que le potager n'est pas conforme notamment parce qu'il se rend jusqu'en bordure de la rue.

La Ville a fait parvenir mercredi un nouvel avis de cinq jours au couple. Josée Landry et Michel Beauchamp ont jusqu'à dimanche pour dégager une bande et pour remettre du gazon sur 30 % de leur terrain.

La Ville compte adopter un règlement interdisant ce type d'aménagement en façade dès l'automne.

De son côté, Michel Beauchamp compte contester ce règlement.