Société - Des manifestants s'opposent à la fin de Katimavik

Des manifestants ont protesté samedi à Winnipeg, Edmonton et Vancouver, comme un peu partout ailleurs au pays, contre l'abolition du programme de bénévolat Katimavik créé en 1977.

Le gouvernement fédéral a décidé dans son budget de mars dernier de le supprimer.

Il permettait aux jeunes de 17 à 21 ans d'apprendre une deuxième langue officielle, de visiter un autre coin du pays et d'acquérir de l'expérience de travail.

Une quinzaine de personnes ont manifesté à Winnipeg devant le Palais législatif, une douzaine à Edmonton devant l'Assemblée législative et un peu moins d'une trentaine à Vancouver devant le Musée de beaux-arts pour essayer de convaincre Ottawa de revenir sur sa décision.

D'anciens participants déçus

Colin Arratoon Roy de Winnipeg a participé au programme en 2011 et considère qu'il lui a donné des opportunités et lui a enseigné la passion.

Une manifestante de Vancouver, Julia Piper, estime que son passage à Katimavik en 1979 lui a donné de l'ambition alors qu'elle ne savait pas quoi faire de sa vie à la fin de ses études secondaires.

Elle aurait aimé que sa fille âgée de 17 ans ait la chance d'y participer comme elle.

De son côté, Josiane Lacombe soutient que cette expérience a confirmé son intérêt pour les relations d'aide.

Le député du Parti libéral fédéral pour la circonscription de Winnipeg-Nord, Kevin Lamoureux, est d'avis que le gouvernement changera d'idée si la mobilisation se poursuit.

« Je suis optimiste, j'aime voir le verre comme à moitié plein », soutient le député.

Toutefois, de passage à Calgary samedi, le ministre de Patrimoine canadien James Moore n'a donné aucun espoir que le programme serait sauvé.

Mouvement de contestation

En avril, près de 150 personnes ont manifesté à Ottawa.

En mai, une centaine de Canadiens ont jeûné pour s'opposer à l'abolition du programme.

Ils voulaient imiter Jacques Hébert qui avait mené une grève de la faim en 1986 lorsque le programme avait été aboli pour une première fois par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney.

Le sénateur s'opposait à la fin du financement fédéral du programme, qui a fini par renaître de ses cendres en 1994, sous les libéraux du premier ministre Jean Chrétien.

En juin, une manifestation a aussi eu lieu à Selkirk au Manitoba.