Euro 2012 : qui pour faire tomber l’Espagne?

L’Espagne et l’Allemagne partent favorites de l’Euro 2012 qui s’ouvre ce vendredi. Rien de surprenant, puisqu’elles sont sur leur lancée de la Coupe du monde 2010. Finalistes de cette épreuve, les Pays-Bas seront aussi à surveiller. Sous-estimées, la France et l’Italie pourraient briller si les planètes s’alignent en leur faveur.

Espagne - Euro 2008 (Getty Images)

Championne d’Europe et du monde en titre, l’Espagne partira à la conquête d’un troisième trophée majeur consécutif, et d’un doublé que personne n’a encore réussi sur le Vieux Continent. Favorite de bien des observateurs, elle compte sur les recettes qui lui ont valu ses succès récents : un style similaire à celui de Barcelone, fait de possession de balle et de jeu posé. Efficace offensivement, il fatigue aussi beaucoup l’adversaire, ce qui facilite du même coup le travail défensif des Espagnols.

Le groupe change peu au fil des années, et est toujours composé de nombreux petits techniciens vifs. On ne parle plus des querelles entre joueurs issus des diverses communautés du pays. Et quand des tensions ont éclaté après un clasico tendu, Casillas et Puyol se sont parlé au téléphone pour assurer la paix en équipe nationale. Puyol sera d’ailleurs un des grands absents de la Roja, au même titre que l’attaquant Villa. Ce sera une des faiblesses de cette formation qui n’est plus considérée comme invincible. Si on a réussi à faire tomber le Barça, tant en championnat qu’en Coupe d’Europe, il y a moyen de contrer l’Espagne. Celle-ci pourra-t-elle alors trouver une parade et adapter son style?

L’autre équipe dont tout le monde parle, et dont je fais mon favori, c’est l’Allemagne. Elle a séduit la planète lors de la Coupe du monde 2010, avec un groupe jeune offrant un football frais, offensif et moderne. Douze ans après l’échec de l’Euro 2000, la politique de formation alors mise en place pour que ça ne se reproduise plus porte ses fruits. Après Özil, Müller ou encore Khedira, voilà que les Götze, Reus et autre Kroos émergent dans une équipe dont la moyenne d’âge n’atteint pas 25 ans.

À VOIR | Les joueurs à surveiller...

Le style léché prôné par le sélectionneur Joachim Löw, mêlant technique et jeu en un ou deux temps, convient parfaitement aux qualités individuelles et collectives de l’équipe, mises en valeur par un 4-2-3-1 qui permet au danger de surgir de partout. Il faudra cependant voir comment les joueurs du Bayern auront récupéré mentalement de leur défaite en finale de la Ligue des champions, et quels seront les effets du temps de jeu limité en club des influents Klose et Schweinsteiger, qui apportent l’expérience nécessaire à un groupe aussi jeune.

Si l’Espagne et l’Allemagne sont les deux équipes les plus citées pour soulever le trophée Henri Delaunay, le nom des Pays-Bas revient souvent lui aussi. L’équipe néerlandaise a peu bougé depuis la Coupe du monde en Afrique du Sud et il est même fort possible de la voir jouer avec dix des onze finalistes de 2010 (l’arrière gauche Van Brockhorst ayant pris sa retraite). Le groupe, extrêmement talentueux, a pris de l’âge, mais le sélectionneur Van Marwijk préfère parler de maturité.

Difficile de sous-estimer une équipe qui compte en ses rangs Van Persie ou encore Robben. Mais si le onze néerlandais n’a guère changé en deux ans, la situation de certains joueurs s’est détériorée : celle de Sneijder, passé de star mondiale à remplaçant à l’Inter, en est le meilleur exemple. Sans leurs vedettes, les Néerlandais sont soudainement moins dangereux, et leur défense reste perméable. À l’attaque, il y a trop de bons joueurs pour aligner tout le monde de concert et la titularisation ou non d’Huntelaar est sujet à polémique aux Pays-Bas.

Avant de penser à la victoire, l’Allemagne et les Pays-Bas devront sortir du groupe le plus relevé. On y retrouve aussi le Portugal, capable du meilleur quand toutes ses vedettes sont au sommet, mais aussi du pire lorsque l’ambiance interne se détériore. Cristiano Ronaldo devra assumer de nombreuses responsabilités. Quatrième larron, le Danemark, qui aime être sous-estimé, comptera sur un noyau jeune qui, lors des éliminatoires, a devancé le Portugal.

Il faudra aussi surveiller l’Italie, qui a rapidement effacé son Mondial 2010 raté. Son nouveau sélectionneur, Cesare Prandelli, est beaucoup moins défensif que ses prédécesseurs et prône un jeu en mouvement. Reste à trouver une force de frappe… Le succès italien dépendra beaucoup des très fantasques Balotelli et Cassano, ce dernier effectuant son retour après une opération au cœur en novembre dernier. Le pays est aussi secoué par un scandale de matches truqués et l’Italie se méfie d’un premier tour face à des adversaires qui possèdent les clefs pour la battre.

Autre équipe qui s’est bien ressaisie depuis son échec de 2010, la France veut redorer son image tant sur le terrain qu’en dehors. Beaucoup de joueurs manquent d’expérience dans ce type de compétition et le duo Ribéry - Benzema devra trouver le difficile équilibre entre porter l’équipe et verser dans l’excès d’individualisme. La France se place volontairement dans le rôle d’équipe aux chances de succès limitées et l’entraîneur Laurent Blanc multiplie d’ailleurs les déclarations à cet effet. Sa dernière défaite remonte pourtant au mois de septembre 2010…

Parmi les grands traditionnels, je ne vois en revanche pas l’Angleterre aller bien loin. Avec la démission du sélectionneur Fabio Capello en février, son successeur Roy Hogdson n’a eu qu’un mois pour préparer son équipe, qui sera privée de Rooney, suspendu, pour les deux premières rencontres. Il devra composer sans de nombreux blessés, dont des jeunes comme Wilshere qui auraient pu apporter du sang neuf. Même au pays, où les espoirs sont généralement excessifs, cette fois, l’attente est nulle!

L’invitée inattendue de cette compétition sera une nouvelle fois la fatigue, comme lors de tous les grands tournois depuis une petite dizaine d’années. Il faut voir comment les joueurs qui ont beaucoup de matchs au compteur cette saison auront récupéré et s’ils retrouveront leurs forces au cours du tournoi. Des équipes qui ne puisent pas leur sélection dans les grands clubs pourraient en profiter. De là à créer des surprises? Sûrement! De quoi aller jusqu’au bout comme la Grèce en 2004? Je n’y crois pas trop.

En vidéo, un reportage sur l'équipe espagnole:



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