C-A Marchand: les partisans de l'Impact enthousiastes, mais sages...




Le record établi par le Manic il y a près de trente ans a été battu au Stade Olympique où 58 912 spectateurs ont assisté au tout premier match à domicile du Onze montréalais dans la MLS. L’organisation peut donc se féliciter d’avoir gagné son pari et même davantage, peu importe si le Fire a quelque peu gâché la fête en arrachant en verdict nul de 1-1 avec un but à la 71e minute.

La Presse canadienne

La foule était certes un peu plus nombreuse que celle qui avait envahi le Stade en septembre 1981 pour un match quart de finale de la NASL, mais fort différente à plusieurs égards. Je vous racontais dans un récent blogue à quel point les partisans du Manic savaient se montrer bruyants à souhait. À l’époque, on se sentait n’importe où sauf au Québec lorsqu’il y avait du soccer au Stade olympique. Trente ans plus tard, il n’y avait aucun choc culturel lorsque l’on prenait place pour ce match inaugural. Les partisans du Manic étaient survoltés. Ceux de l’Impact sont beaucoup plus sages, m’a-t-il semblé en me promenant dans les gradins. Ce qui ne signifie pas, loin de là, que ce nouveau public ait été amorphe ou ait manqué d’enthousiasme. C’est une tout autre clientèle, c’est tout, et pour la direction de l’équipe, je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose, bien au contraire.

Au début des années 80, les partisans du Manic étaient en grande majorité des immigrants ou fils d’immigrants ayant grandi dans la fièvre et la passion du ballon rond. Ceux que l’on croisait ce samedi pour ce match de l’Impact étaient majoritairement des Québécois de souches; de jeunes pères et mères de famille pour la plupart, accompagnés de leurs jeunes enfants. Une sortie en famille un samedi après-midi de printemps n’incite pas aux mêmes débordements que lorsque l’on s’en va entre adultes, un mercredi soir de septembre, s’époumoner, parfois après avoir enfilé quelques bières, pour encourager son équipe et intimider les visiteurs.

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Les jeunes familles ont aussi été nombreuses, surtout celles qui possédaient des billets au niveau supérieur, à entrer tardivement dans le grand Stade et à prendre place. Il a fallu attendre vers la fin de la première demie pour enfin voir disparaître la plupart des sièges vides. On pouvait accéder à l’intérieur du Stade tant par les portes de la rotonde que par le niveau 200, de l’extérieur, des côtés est et ouest. Ce n’était donc pas dû à une mauvaise planification des gestionnaires de la RIO. Encore là, c’était un doux samedi après-midi de printemps, un match d’ouverture, et non un match éliminatoire, alors on en peut blâmer les parents de jeunes enfants d’avoir eu envie de prendre leur temps.

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Si le public du soccer professionnel montréalais de 2012 a un visage bien différent de celui de 1981 (je soupçonne que plus de la moitié de ceux qui ont assisté à ce match de n’avoir jamais vu un match du Manic), il affiche drôlement plus les couleurs des « bleus ». Encore une fois, pour l’équipe de marketing de Richard Legendre, on peut dire mission accomplie. J’ai été stupéfait par le nombre de spectateurs arborant le nouveau chandail de l’Impact. Les boutiques de souvenirs aux couleurs de l’équipe auront été fort achalandées et je serais curieux de savoir combien de chandails, de foulards et autres items on aura vendus. Bref, je sens que l’engouement pour l’Impact risque de devenir contagieux au cours des prochaines semaines. Cinq autres matches sont prévus au Stade olympique d’ici l’inauguration du Stade Saputo agrandi. Autant de rendez-vous pour passer d’autres beaux et agréables moments en famille même s’il ne faudra pas s’étonner que les foules soient plus modestes.

Cela dit, la propreté des lieux laisse encore à désirer même si les gradins et la galerie de presse étaient nettement moins crottés que lorsque les Alouettes ont accueilli la demi-finale de l’est en novembre. L’endroit n’en aurait pas moins besoin d’un vrai ménage et quelques coups de peinture seraient plus que bienvenus. Au risque de me répéter, je ne connais pas un somptueux palais juché au sommet de Westmount qui ne perdrait pas au moins la moitié de sa valeur sur le marché immobilier s’il était aussi mal entretenu que l’est le joyau architectural que nous a imaginé Roger Taillibert. Au moins cette fois-ci, les allées n’étaient pas maculées, comme en novembre, de taches de liqueur séchée datant de plusieurs mois.

C’est déjà ça, mais il faudrait tellement plus pour redonner un peu de lustre à ce Stade mal-aimé où près de 60 000 personnes ont tout de même semblé apprécier leur après-midi de soccer de la MLS.