LNH: Pascal Vincent rêve de diriger le CH

« Mon plus grand rêve dans la vie, ce n'était pas la Ligue nationale, c'était d'avoir un enfant, d'être responsable d'un être humain. »

Un texte de Guillaume Lefrançois

Pascal Vincent l'a réalisé, son rêve. L'entraîneur adjoint chez les Jets de Winnipeg est papa d'une petite fille de 16 mois et aura tout l'été pour jouer son rôle de père au foyer.

Mais ce n'est pas parce qu'il a réalisé son plus grand rêve qu'il n'en entretient pas d'autres.

« On a tous des rêves, j'en ai plusieurs, a dit Vincent à Radio-Canada Sports, jeudi. Diriger le Canadien en est un. C'est notre équipe, notre sang. Mon rêve ultime serait de gagner la Coupe Stanley derrière le banc du Canadien. Après ça, je pourrais prendre ma retraite! »

Le nom de Vincent fait parfois surface quand il est question des candidats au poste d'entraîneur-chef du Canadien. Pas aussi souvent que Patrick Roy, Bob Hartley ou Marc Crawford, mais il est mentionné ici et là. À Vegas, on l'évaluerait à 40 contre 1, mais il serait tout de même répertorié.

Et même s'il est clair qu'il répondrait au téléphone si Marc Bergevin l'appelait, il ne l'étalera pas sur la place publique.

« Je suis sous contrat avec les Jets pour une autre saison. Si le Canadien est intéressé, il devra passer par Kevin Cheveldayoff (le directeur général des Jets). Et si c'était le cas, je ne le mentionnerais pas. Ça demeurerait très privé, pour plusieurs raisons. Par respect pour ma famille, pour l'organisation des Jets et pour celle du Canadien. »

Et si le prochain entraîneur-chef du Tricolore veut s'entourer de jeunes assistants québécois, il devra regarder ailleurs.

« C'est hors de question. Je ne ferai pas un move latéral pour être assistant. Les Jets m'ont donné une chance d'atteindre la LNH. Si je devais les quitter, ça serait comme entraîneur-chef. Je suis dans une belle situation, on s'entend bien, j'ai de bonnes responsabilités et une bonne relation avec les joueurs et la direction. Je suis quelqu'un de trop loyal pour dire que je m'en vais parce que c'est le Canadien. »

Retour sur une première

Plus tôt cette semaine, Cheveldayoff mentionnait à Radio-Canada Sports la difficulté de gérer le déménagement d'une équipe, d'un point de vue humain.

Les cas comme l'Avalanche du Colorado, champions de la Coupe Stanley à leur première année à Denver, sont rares. Comme les Jets, les Hurricanes de la Caroline ont raté les séries à leur première saison après avoir quitté Hartford. Les Coyotes de Phoenix, eux, ont participé aux séries, mais ont été éliminés dès le premier tour, après leur départ de Winnipeg.

Même s'il n'était pas à Atlanta l'an passé, Vincent a vécu les rigueurs d'un changement d'environnement.

« Ma conjointe était en congé de maternité et on n'avait pas de cercle d'amis, de famille à Winnipeg. Ça a été un ajustement énorme pour elle, mais ça vient avec le métier. Ça prend des femmes dévouées, elle est vraiment spéciale. »

Les joueurs ont aussi vécu la transition difficilement. Certains y verront la misère des riches, mais le résultat net est que Vincent a senti que ses joueurs ont seulement retrouvé leur concentration en décembre, mois au cours duquel l'équipe a remporté 10 de ses 14 matchs.

« Un joueur, Chris Thorburn, venait de finir de construire sa maison à Atlanta quand les Thrashers ont déménagé. Il venait de finir sa piscine creusée. C'était une distraction. On a beau dire que ce sont des joueurs de hockey, on est tous différents et certains sont sédentaires et aiment la stabilité. »