LNH - Canadien - Galchenyuk sans attache

BROSSARD - Au camp de développement du Canadien, Alex Galchenyuk porte le numéro 27. Il n'a pas eu droit au 94 qu'il porte avec le Sting de Sarnia, qu'il endosse parce que son ancien numéro, le 55, n'était pas disponible.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Quel numéro portera-t-il quand il se joindra au Canadien?

« Personne ne porte le 94, mais je vais commencer par me tailler une place dans l'équipe, et on verra après », a lancé le 1er choix du Canadien, 3e au total, au repêchage de la semaine dernière, lors du jour 1 du camp de développement jeudi.

C'est un peu ça, l'histoire de Galchenyuk. Celle d'un jeune homme qui n'a jamais vraiment eu le temps de s'attacher à quoi que ce soit. Un aperçu de son parcours de vie en donne une bonne idée.

Né à Milwaukee, c'est de là qu'il a commencé à suivre son père Alexander, lui aussi un joueur de hockey, aux quatre coins du monde. Après quatre ans aux États-Unis et un bref passage en Allemagne, Galchenyuk a pris la direction de l'Italie, où il est demeuré quatre ans. Après un passage d'un an en Suisse, où le paternel a joué à Sierre, la famille Galchenyuk s'est établie six ans en Russie.

À 15 ans, le nouvel espoir du Canadien a retraversé l'Atlantique, cette fois pour ses études secondaires, à Chicago, avant de déménager à Sarnia en 2010. Et il passe généralement quelques semaines par été au Bélarus, où vit sa famille éloignée.

Ce vagabondage devrait prendre fin sous peu, dès cet automne, s'il parvient à demeurer dans la Ligue nationale. Quoiqu'après avoir raté pratiquement toute la saison 2011-2012, une autre campagne dans les rangs juniors pourrait l'aider. Faut-il ajouter que personne, depuis Petr Svoboda en 1984, ne s'est établi de façon permanente avec le Tricolore à l'âge de 18 ans?

« Quand tu es jeune, tu joues à différents niveaux, tu ne restes jamais longtemps à la même place. Ensuite, dans la Ligue de l'Ontario, tu veux passer à la prochaine étape. Mais si je me rends avec le Canadien, j'espère rester longtemps. C'est mon but. Je veux m'établir. Mais ce n'est pas dans ma tête pour le moment. »

Premiers contacts avec ses nouveaux partisans

Ce camp de développement, auquel participent 14 joueurs, dont les 7 athlètes repêchés par le CH la fin de semaine dernière, est une occasion pour Galchenyuk de trouver ses repères dans ce qui devrait être sa prochaine ville d'adoption.

Il s'est visiblement plongé rapidement dans la culture québécoise. Galchenyuk s'est permis quelques messages en français sur sa page Twitter. « Fini les evaluation au Canadiens (sic) maintenant relaxe avec @KidHud_10 », a-t-il écrit. KidHud_10, c'est Charles Hudon, choix de 5e tour du CH, qui l'a aidé à rédiger son tweet.

« Le français ne me semble pas difficile. Et je sais que les partisans aiment les joueurs qui parlent français. Je le parlais très bien à l'âge de neuf ans, je le comprends encore un peu. Ce n'est pas comme si tu parles russe à quelqu'un qui ne le parle pas. Et je parle un peu italien aussi, donc ça aide. »

Malgré son jeune âge, Galchenyuk semble avoir bien compris le marché montréalais. Mieux que Pierre Gauthier, diront les mauvaises langues...