LNH - Canadien - Ces expériences qui forgent le caractère

PITTSBURGH - Marc Bergevin a souvent mentionné à quel point il accorde de l'importance au caractère des joueurs qu'il souhaite recruter. Il sera servi à souhait avec sa récolte du dernier repêchage.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Dalton Thrower sait certainement comment composer avec les obstacles. À 15 ans, le choix de deuxième tour samedi (51e au total) apprenait que son père souffrait d'un cancer de l'estomac. Le hic, c'est que sa mère avait déjà combattu le cancer du sein...

Et pour ajouter à son calvaire, il vivait le tout à distance. Ses parents demeurent en Colombie-Britannique, tandis qu'il est établi en Saskatchewan, où il défend les couleurs des Blades de Saskatoon.

« Il y a eu des moments où je voulais rentrer à la maison et être avec mes proches. Ma famille d'adoption m'a beaucoup aidé. C'est ma deuxième famille », raconte le robuste défenseur, l'unique arrière repêché par le CH cette année.

Le gros de la tempête est maintenant passé. Sa mère est sans symptôme depuis plusieurs années, tandis que son père a récemment repris le travail, même s'il subit encore des traitements de chimiothérapie. Thrower a quant à lui explosé la saison dernière, avec 54 points en 66 rencontres.

« Tu grandis vite, tu gagnes en maturité. J'ai un frère et une soeur plus jeunes, ça nous a vraiment rapprochés. »

Apprendre à jouer en Floride...

Brady Vail, lui, n'a pas vécu le même type d'épreuves que Thrower, mais a néanmoins parcouru un chemin entravé pour être repêché.

Né en Caroline du Nord, il a vite déménagé en Floride. Et c'est à l'ombre des palmiers qu'il a eu la piqûre du hockey!

« Mon oncle m'a donné un bâton de hockey à Noël à mes 4 ans, se souvient l'attaquant de 18 ans. J'ai ensuite joué au roller-hockey, et à 9 ans, j'ai commencé sur glace. »

C'est ici que l'histoire se complique. Avoir un bâton et jouer sur des roues est évidemment insuffisant. Les sacrifices pour jouer au hockey au mineur ne se limitent pas à une simple randonnée à l'aréna au coin de la rue.

« J'avais des cours de patinage le matin avant l'école en 6e année, à 45 minutes de route. Mon professeur était Ryan Sittler (NDLR : le fils de Darryl). Il m'a beaucoup aidé. J'ai travaillé deux ans avec lui.

« Pour nos matchs, c'était à une heure et demie de route, en plus des tournois. On s'est rendu aux championnats nationaux une année au New Jersey. C'était toujours du voyagement, car il n'y a pas de tournois en Floride. »

À l'âge de 12 ans, Vail et sa famille ont déménagé à Détroit, dans un environnement un tantinet plus propice au hockey. Il est ensuite passé à Waterloo, en USHL, avant de disputer les deux dernières saisons à Windsor, où il a inscrit 52 points en 68 matchs en 2011-2012.

Ses efforts lui ont valu d'être un choix de 3e tour du Tricolore, 94e au total, au repêchage de samedi.

« Ça a été un des plus gros sacrifices que qui que ce soit puisse faire, mentionne Vail. Ma famille a traversé plusieurs épreuves et s'est séparée juste pour moi. Aujourd'hui, c'est le jour où je leur remets. C'est pour ça que mes parents ont fait ça. De les avoir ici pour célébrer, c'est énorme. »

Le directeur du recrutement du Canadien, Trevor Timmins, a reconnu que pour Thrower et Vail, ce parcours accidenté a fait partie des facteurs dans la décision de l'équipe de les repêcher.

« Ça en dit long sur leur détermination et leur caractère », a-t-il indiqué.