Alouettes : des contrats offerts par courtoisie




Kyle Graves et Kyle Quinlan, qui ont probablement été les deux meilleurs quarts du football universitaire canadien en 2012, sont maintenant sous contrat avec les Alouettes et participeront à compter du 3 juin prochain, au camp d’entraînement de l’équipe à Lennoxville. Malgré les belles aptitudes physiques et le gabarit imposant des deux athlètes (tous deux mesurent 6’3" et pèsent plus de 200 livres), ne vous emballez pas trop rapidement. Les chances que l’un d’eux soit un jour le dauphin d’Anthony Calvillo sont infiniment petites. Les chances que l’un d’eux supplante Ricky Santos ou Josh Neiswander comme quart numéro trois de l’équipe sont à peine plus élevées.

« Nous voulons d’abord participer à leur développement en leur permettant de voir à l’œuvre de plus près Anthony Calvillo et de bénéficier des conseils de Marc Trestman qui est reconnu pour être l’un des meilleurs qui soit pour aider un quart-arrière à s’améliorer », a expliqué le vice-président aux opérations football Jim Popp au cours d’une conférence téléphonique. Cela dit, les deux jeunes Canadiens auront la chance de se faire valoir. « Ils auront leur chance. Mais je ne peux vous dire combien de chance de lancer le ballon ils obtiendront au cours du camp derrière McPherson et Santos, nos deux substituts. »

Tant Graves que Quinlan sont admissibles pour une autre année de football universitaire et tout indique qu’ils y retourneront, le premier à Acadia, le second avec les champions défendant de la Coupe Vanier, lesMarauders de McMaster. Leur expérience avec les Alouettes ne pourra qu’être bénéfique selon Jim Popp. « Nous souhaitons les aider. Ce n’est pas la première fois que nous repêchons des quarts arrières canadiens. Certains ont dû apprendre une nouvelle position. Mais ces deux-là s’amèneront comme quarts. Nous n’avons pas discuté avec eux de la possibilité de les essayer à un autre poste. Si jamais ils manifestent un intérêt à cet égard, nous verrons, mais nous n’en sommes pas là. »

Marc Trestman (Radio-Canada)


L’entraîneur-chef Marc Trestman jure ne pas avoir de préjugé défavorable à l’endroit des quarts-arrière produits par les universités canadiennes. « Je ne connais rien au football universitaire du Canada alors je ne pourrais vous dire si leur formation est adéquate ou non. Mais je sais une chose : on ne nait pas quart-arrière, on le devient. Il faut des années pour développer un bon quart arrière que ce soit ici ou au sud de la frontière. Il n’y a pas de position plus exigeante, plus difficile à maîtriser dans tous les sports que celle de quart-arrière. Le mariage le plus important de tous les sports est celui entre un entraîneur et son quart. La liste des critères nécessaires pour espérer devenir un bon quart-arrière est très longue, je manquerais de temps pour vous en faire l’énumération. Mais c’est ensuite l’apprentissage et l’expérience qui font la différence. »

C’est d’ailleurs le plus gros handicap des quarts universitaires canadiens. Aux États-Unis, les surdoués qui ont le potentiel de devenir un jour un quart-arrière professionnel sont confiés à de bons entraîneurs dès leur plus jeune âge. Peu d’entre eux seront toujours à cette position une fois dans le système des High Schools, encore moins parmi les privilégiés qui feront le saut dans la NCAA. Si vous fouillez le moindrement, vous allez constater rapidement que la plupart des joueurs vedettes de la NFL qui évoluent à des positions dites de « talent » ont un jour où l’autre été le quart arrière partant d’une équipe de football mineur.

Jim Popp a une dizaine de quarts arrière dans sa mire pour succéder un jour à Anthony Calvillo qui pourrait bien disputer en 2012 sa dernière saison en carrière. Pour l’entraîneur-chef Marc Trestman, cela ne changera rien. Il n’est pas question pour lui de préparer la relève en donnant plus de temps de match à Adrian McPherson ou à quelque dauphin que ce soit. « Anthony Calvillo est notre partant et il sera notre quart arrière partant aussi longtemps qu’il le souhaitera. » Le ton de Trestman est sans équivoque. À moins d’une blessure ou d’une situation bien particulière, Calvillo sera à son poste comme quart-arrière des Alouettes à chacun des dix-huit matches de la prochaine saison. Son éventuel successeur est mieux de s’armer de patience. Les partisans qui espéraient voir McPherson ou Santos jouer plus souvent devront, pour leur part, en faire leur deuil.