La ministre Bev Oda quitte la vie politique

La ministre fédérale de la Coopération internationale, Beverley J. Oda, dont les partis d'opposition ont plus d'une fois réclamé la démission, quitte la vie politique.

Dans un message publié sur son site Internet personnel, Mme Oda annonce qu'elle a fait part au premier ministre Stephen Harper de son intention de démissionner de son poste de députée de Durham, en Ontario. Cette démission sera effective le 31 juillet prochain.

« En tant que ministre de la Coopération internationale, j'ai eu l'occasion de voir les difficultés des personnes les plus vulnérables dans le monde et de constater la grande compassion des Canadiens envers ceux qui sont dans le besoin », écrit Mme Oda dans son message.

En avril dernier, la ministre Oda avait dû présenter des excuses pour avoir utilisé l'argent des contribuables pour payer une partie d'un séjour au luxueux hôtel Savoy, à Londres.

En juin 2011, Bev Oda s'était rendue dans la capitale britannique pour représenter le Canada à une conférence internationale sur la vaccination des enfants dans les pays pauvres. Elle devait loger au Grange St. Paul's Hotel, où se déroulait la rencontre.

Or Mme Oda a plutôt demandé à son personnel de l'installer au Savoy, près de la Tamise, un endroit qui accueille nombre de familles royales, et qui appartient au prince saoudien Alwaleed. La note d'hôtel pour le Savoy s'est élevée à 1995 $ pour trois nuits, soit 665 $ la nuitée. Mme Oda y a notamment consommé un jus d'orange qui a coûté 16 $.

Un outrage au Parlement évité de peu

Au printemps 2011, le déclenchement de la campagne électorale avait permis à Mme Oda d'éviter une condamnation pour outrage au Parlement par un comité permanent de la Chambre des communes.

Mme Oda avait admis avoir fait de fausses déclarations en comité parlementaire et aux Communes à propos du refus d'une subvention fédérale à l'organisme humanitaire Kairos.

L'opposition avait forcé la ministre Oda à admettre en Chambre que c'était à sa demande que sa chef de cabinet avait modifié la demande de financement de l'organisme Kairos. Cette dernière avait écrit le mot « NOT » (NON) sur le formulaire de Kairos, laissant croire que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) recommandait qu'on lui refuse la subvention.

La ministre avait présenté des excuses aux membres du comité permanent pour avoir laissé entendre que ce n'était pas elle qui avait fait modifier ce document.