Les Kings remportent la Coupe Stanley!

Les équipes cendrillon sont rarement capables de mener leur rêve jusqu'au bout. Les Flyers de 2010, les Oilers de 2006, les Flames de 2004, voire les North Stars de 1991, ont tous vécu dans l'amertume la grande finale.

Un texte de Guillaume Lefrançois

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Mais pas les Kings de Los Angeles. Après deux échecs, les hommes de Darryl Sutter ont finalement achevé les Devils du New Jersey avec une victoire de 6-1, lundi, dans la Cité des anges.

Les Kings remportent en six matchs la toute première Coupe Stanley de leur histoire. Ils mettent ainsi fin à la remontée des Devils, devenus seulement la troisième équipe de l'histoire - la première depuis 1945 - à gagner les matchs 4 et 5 de la finale après avoir perdu les trois premiers.

Huitièmes et derniers dans l'Ouest, les Kings ont déjoué les pronostics tout au long du printemps, battant tour à tour les trois champions de division. Et même s'ils arrivaient dans cette finale frais et dispo après avoir mis seulement 14 matchs pour y accéder, les Kings étaient négligés par plusieurs pour cette finale.

Si on y ajoute l'inexpérience du gardien Jonathan Quick, un véritable débutant contre un Martin Brodeur qui disputait la cinquième finale de sa carrière, le duel semblait d'autant plus inégal.

Les voici, à titre de première équipe 8e place de l'histoire, à triompher en grande finale.

Les Kings ont traversé les quatre tours éliminatoires avec aisance grâce notamment à du jeu défensif impeccable. Dans ce sixième match, une séquence a nettement fait basculer l'action.

Un plaqué coûteux

Steve Bernier a fait mal à Rob Scuderi en le frappant violemment par-derrière. Dur à croire, mais il a fait encore plus mal à ses coéquipiers.

Bernier gardera un souvenir atroce de cette soirée de juin. Au milieu de la première période, l'attaquant des Devils s'est amené en territoire ennemi à pleine vitesse, au moins à 15 noeuds, et il a pratiquement encastré dans la bande le pauvre Scuderi. Le défenseur des Kings est resté étendu de longues minutes sur la patinoire, mais est revenu au jeu en deuxième période.

«Je croyais qu'il conserverait la rondelle, a commenté Bernier aux médias sur place. Mais le jeu va vite et ça a finalement été un mauvais jeu.»

«Tout le monde sait qu'il a le coeur à la bonne place. Il n'est pas à blâmer, a ajouté son entraîneur-chef, Peter De Boer, après avoir refusé de répondre à une question sur l'arbitrage. C'est la journée des Kings aujourd'hui. Posez-moi la question dans une semaine et je vous donnerai une réponse honnête.»

Bernier a été chassé du match, un premier coup dur aux Devils, qui comptent sur un quatrième trio des plus efficaces depuis le début des séries.

Le pire restait à venir. Pendant l'avantage numérique de cinq minutes, les Kings ont enfoncé trois buts derrière Brodeur, des oeuvres de Dustin Brown, Jeff Carter et Trevor Lewis.

Carter a rendu une remontée des Devils encore plus improbable en début de deuxième période quand il a battu Brodeur dans la partie supérieure.

À l'autre bout, la présence de Quick devant le filet devenait plus ou moins nécessaire. Les visiteurs n'ont tiré que 10 fois sur lui dans les 2 premières périodes, et 18 fois au total.

Seul Adam Henrique l'a déjoué, à la toute fin du deuxième vingt.

Au dernier vingt, Lewis a ajouté un deuxième filet, et Andy Greene a enfilé le sixième des vainqueurs.

Au total des tirs au but, hors-cible et bloqués, les Kings ont dominé 57-38.

De Philadelphie à Los Angeles

Il y a à peine quelques mois, les observateurs étaient majoritaires : Dean Lombardi était un DG audacieux avec sa décision de réunir Carter et Mike Richards, deux joueurs considérés comme indésirables à Philadelphie.

Parallèlement, le DG des Flyers, Paul Holmgren, passait pour un génie après avoir réussi à se débarrasser des deux jeunes attaquants.

Pour ce dernier match, Carter a fourni deux buts à son équipe, Richards, deux passes. Carter conclut ses séries avec 13 points, 2 de moins que Richards.

Parmi les autres anciens Flyers à triompher lundi, notons les attaquants Simon Gagné et Justin Williams, de même que l'entraîneur adjoint John Stevens (entraîneur-chef de 2006 à 2009 à Philadelphie). Sans oublier un ex-Flyer d'une autre époque, Ron Hextall, aujourd'hui le bras droit de Lombardi.