Charbonneau-Campeau avec les Alouettes?



Après avoir retranché le Lavallois Dany Desriveaux au cours de la saison morte, les Alouettes de Montréal voudraient bien mettre la main sur un receveur de passes canadien pour seconder Éric Deslauriers. Il y a présentement une quinzaine de receveurs de passes dans l’entourage des Alouettes en vue du prochain camp d'entraînement, mais Deslauriers est le seul du groupe qui ne soit pas américain. Le directeur général Jim Popp ne le cache pas, c’est la position où l’équipe manque le plus cruellement de profondeur en terme de joueurs canadiens.

« C’est un fait. Dans l’ensemble, nous avons beaucoup de profondeur à la plupart des positions, notamment grâce à nos choix des récentes années. L’endroit où nous avons le moins de profondeur, c’est au niveau des receveurs de passes. »  Selon la liste des quinze meilleurs espoirs établie par le bureau de recrutement de la LCF, il y a trois receveurs de passes de premier plan qui seront disponibles. Considéré comme le troisième meilleur joueur disponible à l’encan 2012, Shamawd Chambers, un produit de l’Université Wilfrid-Laurier, a les atouts pour connaître du succès, mais le fait qu’il ait reçu un essai avec les Eagles de Philadelphie pourrait refroidir les ardeurs des directeurs généraux des équipes canadiennes.

Jim Popp (Radio-Canada)
« C’est certain que le repêchage de la NFL et les jours qui suivent ont un impact sur le nôtre », explique Popp. « Les joueurs canadiens sélectionnés ou même mis sous contrat au cours des derniers jours par des équipes de la NFL étaient parfois dans notre mire et il nous faut inévitablement nous ajuster en conséquence. C’est certain que la plupart seront invités à des mini-camps et pourraient être retranchés avant de participer au véritable camp d’entraînement. Mais ce sera après notre repêchage et nous devons évaluer, entre autres, la disponibilité des athlètes qui pourraient nous intéresser. Dès qu’un joueur signe avec une équipe de la NFL, il faut tenir pour acquis qu’il participera au camp d’entraînement de cette équipe au mois d’août. »

Les Alouettes avaient préféré en 2008 Shea Emry à Samuel Giguère pour cette raison. Le pari fut un succès puisqu’Emry s’est imposé comme l’un des rares partants canadiens au poste de secondeur tandis que Giguère, après avoir roulé sa bosse dans la NFL au cours des quatre dernières saisons, n’a toujours pas disputé un seul match avec les Tiger-Cats de Hamilton qui l’avaient repêché. Mais une fois de plus, Jim Popp apporte une nuance.

« Un joueur repêché par la NFL représente un risque beaucoup plus élevé, même s’il arrive que ceux-ci soient retranchés. Mais en général, il est plus que probable que le joueur repêché gravitera dans l’univers de la NFL pour les quatre prochaines années. Il faut toujours calculer le risque en essayant d’évaluer les chances de succès du joueur dans la NFL et prévoir à quel moment on pourrait le rapatrier. »

Deux Québécois sont au nombre des trois meilleurs receveurs de passes canadiens disponibles au repêchage de demain après-midi : Simon Charbonneau-Campeau et Ismaël Bamba, tous deux issus du programme de football du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke. Ceux qui, comme moi, ont suivi de près les activités du football universitaire québécois au cours des récentes années n’ont aucun doute sur leur immense talent. Charbonneau-Campeau est le 9e plus bel espoir selon le bureau central tandis que Bamba est classé 11e. Or, les Alouettes repêcheront demain au 11e rang. Jim Popp aura-t-il de l’intérêt pour l’un d’eux? Il n’abattra ses cartes qu’en temps et lieu et c’est normal. Mais encore une fois, il prévient que certaines décisions seront prises au tout dernier moment.

« Lorsque viendra notre tour, est-ce qu’il y aura un receveur canadien disponible qui nous plait? Et même si c’est le cas, il y aura peut-être aussi de disponible un joueur de ligne défensive ou un demi défensif qui nous plaira davantage. Je ne sais pas. Peut-être que je devrai attendre jusqu’au camp d’entraînement avant d’aller chercher d’autres receveurs de passes canadiens. Peut-être même que j’attendrai la fin du camp d’entraînement en jetant un coup d’œil du côté des joueurs qui auront été retranchés par les autres formations. Je ne peux donc pas vous dire pour l’instant comment nous procéderons pour trouver un receveur de passes canadien capable de seconder Éric Deslauriers. Mais il est fort probable que nous aurons un autre receveur de passes canadien d’ici le premier match de la saison. »

Un repêchage, ça se prépare de à l'avance. Après le mini-camp de la semaine dernière, Popp et le personnel d’entraîneurs des Alouettes sont restés à Orlando pour établir une liste finale, la leur, des meilleurs candidats disponibles selon les critères spécifiques établis par l’organisation montréalaise. Le premier critère aux yeux de Popp demeure le talent.

« Notre priorité est toujours de trouver le meilleur joueur disponible, peu importe nos besoins, peu importe si nous possédons déjà quatre excellents joueurs à cette position. Si ce gars-là est le meilleur joueur disponible, nous vivrons avec cinq partants potentiels à cette position-là! C’est comme ça que je vois le repêchage.

Éventuellement, ils peuvent devenir une monnaie d’échange. Mais vous voulez les meilleurs espoirs. C’est le premier critère. Ensuite, on regarde nos besoins. Il arrive alors que vous ne choisissiez pas le meilleur joueur, mais un autre, dont le talent est peut-être légèrement inférieur, mais qui peut venir améliorer votre équipe immédiatement à une position où vous êtes plus vulnérable. Encore une fois, tout dépend de l’allure que prend le repêchage. »

À cet égard, Jim Popp accorde peu d’importance au fait de devoir attendre le 2e tour et le 11e rang avant de pouvoir repêcher un joueur à l’encan 2012.

« Ça ne change pas grand-chose pour nous de ne pas avoir de sélection en première ronde. Au fil des ans, nous avons souvent mis la main sur des joueurs qui ont eu impact même s’ils étaient encore disponibles en septième ou huitième ronde. Nous avons le 11e choix alors ce n’est que trois ou quatre rangs plus bas que ce que nous avons comme premier choix normalement. La plupart des repêchages auxquels j’ai participé depuis que je suis à Montréal, nous avons toujours été dans une position où il nous fallait attendre et voir qui serait disponible lorsque ce serait notre tour de parler. Ce n’est donc pas différent pour nous cette année. »