Calvillo blessé? McPherson est prêt!


Dans la victoire face aux Blue Bombers de Winnipeg vendredi soir au Stade Percival-Molson, le quart Anthony Calvillo s’est blessé à l’épaule gauche en chutant sur le terrain. Il a brièvement dû retraiter au vestiaire mais a pu reprendre son poste à la série suivante en attaque. C’est le lendemain, au réveil, que la douleur est devenue plus intense.

Anthony Calvillo n’était donc pas de la séance d’entraînement des Alouettes ce lundi au Stade Hébert de Saint-Léonard. Il avait plutôt rendez-vous avec les médecins de l’équipe pour un examen de sa blessure et un test d’imagerie par résonnance magnétique. Il demeure donc un cas incertain pour le match de jeudi face aux Stampeders de Calgary. De quoi inquiéter les fans? Peut-être pas tant que ça si vous voulez mon avis.

La Presse Canadienne (Larry MacDougal)

J’ai observé attentivement le travail d’Adrian McPherson lors des entraînements de l’équipe et il me semble de plus en plus en capable de diriger l’attaque des Alouettes. Ce matin ses passes étaient précises et décochées avec vélocité. L’homme me semble aussi plus confiant, plus mature après ces quelques années passées dans l’ombre de Calvillo. «Le plus important pour moi c’est de me préparer à chaque match comme si j’allais être le quart partant. On ne sait jamais ce qui peut survenir. Alors à l’entraînement et lors des réunions d’équipes, je fais toujours comme si c’était moi le quart partant. À ce chapitre je dois donner le crédit à A.C. (le surnom d’Anthony Calvillo dans le vestiaire) qui m’a beaucoup appris, qui m’aide beaucoup à être fin prêt pour n’importe quelle éventualité.»

McPherson est considéré dans le vestiaire comme un joueur à part entière et non comme un réserviste. Il a le respect de ses coéquipiers, autant que Calvillo, et il en est devenu un leader discret. Le plaqueur défensif J.P. Bekasiak a d’ailleurs marqué son tout premier touché à vie sur une passe de McPherson vendredi soir. « Ce jeu-là on le pratiquait depuis trois ans et je ne cessais de demander aux entraîneurs à quel moment on l’utiliserait dans un match » confiait d’ailleurs Bekasiak cet après-midi. «Ils me répétaient que ce jeu-là ne servirait probablement jamais»

Adrian McPherson rigole quand on lui rapporte les propos de Bekasiak. «Moi je ne cessais de lui répéter que jamais au grand jamais je lui lancerais le ballon. Qu’il pouvait oublier tout de suite l’idée que je lui fasse une passe.»  La vérité c’est que lorsqu’il a vu Bekasiak sans couverture dans la zone de buts, il n’a jamais hésité de lui décocher la passe. «Je dois toutefois avouer que j’ai été surpris que l’on y aille avec ce choix de jeu. Mais de toute évidence ce fut le bon choix.» C’est aussi le genre de jeu qui soude davantage une équipe, qui rapproche les joueurs de la défensive avec ceux de l’attaque.

Même si McPherson doit plus souvent qu’autrement se contenter d’un second rôle lors des entraînements derrière Calvillo, lorsqu’il obtient la chance de diriger l’attaque il gagne aussi à chaque jeu réussi la confiance de ses coéquipiers.  «Même si je ne devais pas jouer cette semaine, ce fut agréable d’avoir davantage de répétitions à l’entraînement. C’est plaisant de pouvoir jouer avec la première unité offensive» a-t-il reconnu.

Les quarts sont essentiels dans cette ligue et chaque équipe est mieux d’en avoir deux très bons à la portée de la main. Drew Tate, le quart partant des Stampeders ratera probablement la visite à Montréal jeudi. Kevin Glenn, l’ancien quart partant des Tiger Cats, devrait affronter les Alouettes. Rappelons que c’est lui qui a mené l’attaque de Hamilton vers la victoire au Stade Olympique en demi-finale de l’est. Il ne faudra donc pas le prendre à la légère. Mais sachez que les Stampeders, qui ont choisi de s’entraîner à Kingston cette semaine après avoir joué à Toronto samedi (afin d’éviter les tentations de la vie nocturne montréalaise), ne prendront certainement pas à la légère Adrian McPherson. À travers la ligue, tout le monde sait qu’il est prêt.

Il ne lui reste qu’à convaincre les partisans. Mais il n’a pas à s’en faire. Après la contreperformance des Alouettes à Calgary, il s’en trouvait déjà pour y voir un signe du déclin du plus grand quart-arrière de l’histoire du football canadien.