Bilan québécois - Départ canon et puis plus rien

Après la razzia des athlètes québécois au début des Jeux de Londres, ça pavoisait fort sur les réseaux sociaux. « Québec 4 - Canada 0 », pouvait-on lire.

En cinq jours, les athlètes québécois avaient gagné quatre médailles. Mais ensuite, ils sont tombés à plat.

Les plongeuses Émilie Heymans et Jennifer Abel ont ouvert le bal, le 29 juillet, en remportant la médaille de bronze au 3 m synchronisé.

Deux jours plus tard, le Québec a ajouté trois médailles quand l'haltérophile Christine Girard, le judoka Antoine Valois-Fortier ainsi que les plongeuses Roseline Filion et Meaghan Benfeito (10 m synchro) ont décroché des médailles de bronze.

Les athlètes québécois ont tous dit qu'il ne s'agissait pas que d'une simple coïncidence, qu'au Québec les athlètes profitent d'un bon soutien financier et d'un bon encadrement.

Native de l'Ontario, mais ayant grandi à Rouyn-Noranda, Girard avait même louangé le modèle québécois en le comparant à celui de la Colombie-Britannique, où elle s'est établie avec son conjoint, il y a quelques années.

Douze jours plus tard, on peut avancer qu'il y avait une partie de hasard finalement, parce que le Québec n'a plus récolté une seule médaille des Jeux. Score final : Canada 14 - Québec 4.

Certes, il y a eu une contribution québécoise dans la médaille d'argent du huit féminin en aviron, avec Andréanne Morin comme capitaine de l'équipage, et la médaille de bronze en soccer féminin, avec Marie-Ève Nault et Rhian Wilkinson.

Et on peut argumenter que la médaille de bronze de Mark de Jonge, de Calgary, en K-1 200 m, offre une saveur québécoise puisqu'il s'entraîne à Lac-Beauport.

Déception dans les sports de combat

Sylvie Bernier, adjointe au chef de mission Mark Tewksbury, savait qu'on assisterait tôt ou tard au retour du balancier. C'est la raison pour laquelle elle a décliné les demandes d'entrevue, au moment de la razzia.

« Moi, j'ai toujours dit qu'aux Jeux olympiques, on sprinte tous les jours, mais c'est un long marathon, a-t-elle commenté dimanche. Et dans le sport, tout peut arriver. Je n'ai jamais comptabilisé les médailles de cette façon, québécoises ou canadiennes. Nous formons une équipe unie. »

Bernier a soutenu que les modèles québécois et canadien dans le sport amateur sont très bons et en constante évolution.

Une contribution de quatre médailles québécoises à Londres, c'est le même total qu'à Pékin, excluant les deux médailles du cavalier Éric Lamaze, né à Montréal, mais établi en Ontario depuis de nombreuses années.

Il reste que les athlètes québécois qui représentaient de beaux espoirs de médaille n'ont pas livré la marchandise.

Alexandre Despatie n'a pas pu se faire justice à ses quatrièmes et derniers JO. L'accident qu'il a subi en Espagne, le 11 juin, a grandement affecté sa préparation et il n'était visiblement pas prêt à se frotter à l'élite mondiale. Il a terminé 11e au tremplin de trois mètres.

Dans les sports de combat, la lutteuse Martine Dugrenier et la taekwondoïste Karine Sergerie n'ont pas été à la hauteur. Après avoir vu une médaille de bronze lui filer entre les doigts en 2008, Dugrenier a de nouveau connu un tournoi olympique décevant, en terminant 5e... comme à Pékin.

Sergerie, elle, a été incapable de maîtriser son angoisse et elle n'a pas réellement été dans le coup, vendredi. La médaillée d'argent de Pékin est même venue commenter son exclusion du tournoi, avant même son élimination officielle!

Qui seront les prochains Despatie, Heymans, Dugrenier et Sergerie québécois?

Les plongeuses Jennifer Abel et Meaghan Benfeito représentent de beaux espoirs, comme Valois-Fortier et la nageuse Katherine Savard. Mais d'autres devront prendre la relève.

(D'après La Presse Canadienne)