Athlétisme - L'« Éclair » frappe deux fois, la Jamaïque, trois fois

Usain Bolt voulait profiter des Jeux de Londres pour devenir une légende de l'athlétisme. Jusqu'ici, il se débrouille plutôt bien.

Bolt a remporté la finale du 200 m en 19,32 s jeudi.

Il a du même coup aidé la Jamaïque à signer un triplé. Ses compatriotes Yohan Blake (19,44) et Warren Weir (19,84) l'accompagnent sur le podium. Les Américains, en 2004, avaient eux aussi réussi un balayage au 200 m.

L'Américain Wallace Spearmon a terminé au 4e rang, en 19,90 s.

Fidèle à son habitude, Bolt a facilement distancé ses rivaux avant de ralentir dans les derniers mètres pour amorcer ses célébrations. Cette fois, c'était sous la forme de baiser vers la foule.

« Gagner, c'est ce que j'étais venu faire ici. Je suis une légende. Je suis aussi le plus grand athlète vivant. Dans la même catégorie que Michael Johnson. Je suis honoré. J'ai grandi en le voyant battre des records du monde. Je n'ai rien de plus à prouver. J'ai montré au monde que je suis le meilleur et maintenant je veux juste m'amuser », a déclaré un Bolt visiblement en grande confiance.

Si Bolt peut ainsi célébrer, c'est qu'il est le premier athlète de l'histoire à accumuler quatre médailles olympiques individuelles dans les épreuves de sprint (100 m/200 m).

« C'est ce record que je voulais et je l'ai (les quatre médailles d'or). Je pouvais sentir une petite douleur dans le dos, alors j'ai essayé de garder mon tempo, de rallier l'arrivée. Et, quand j'ai vu où j'en étais, j'ai décidé d'arrêter de courir parce que je savais que ce ne serait pas un record du monde », a expliqué le héros du jour.

L'« Éclair » est également le tout premier sprinteur de l'histoire à enlever le 200 m dans deux Jeux olympiques de suite.

Au-delà des chiffres, Bolt a réussi à éliminer les doutes à son sujet, semés par Blake, son dauphin, aux sélections jamaïcaines en juin. Celui que l'on surnomme la « Bête » avait battu Bolt tant sur 100 m que sur 200 m. Blake s'est finalement contenté de l'argent olympique dans les deux épreuves.

Record du monde pour Rudisha

En finale du 800 m, le Kényan David Rudisha a de nouveau affirmé sa supériorité sur la distance.

Rudisha a amélioré de 10 centièmes son record du monde et a au passage gagné l'or avec un temps de 1 min 40 s 91/100.

Le champion du monde en titre avait porté la marque mondiale à 1:41,01 en 2010.

Rudisha a devancé le Botswanais Nijel Amos (1:41,73) et un autre Kényan, Timothy Kitum (3e en 1:42,53). Les médaillés d'argent et de bronze ont respectivement 18 et 17 ans.

L'Éthiopien de 18 ans Mohamed Aman, unique coureur à avoir battu Rudisha depuis trois ans (à Rieti en 2011) et champion du monde en salle, a pris la 6e place (1:43,20).

Champion du monde... et olympique

L'Américain Christian Taylor est devenu champion olympique du triple saut avec une marque à 17,81 m.

Le champion du monde de 22 ans a réussi au passage la meilleure performance mondiale de la saison pour coiffer son compatriote Will Claye (17,62 m) et l'Italien Fabrizio Donato (17,48 m).

Le champion olympique en titre, le Portugais Nelson Evora, est absent des Jeux de Londres en raison d'une blessure.

Encore Spotakova

Au lancer du javelot, la Tchèque Barbora Spotakova a défendu avec succès son titre olympique grâce à une performance de 69,55 m en finale.

Spotakova a devancé les Allemandes Christina Obergfoll, 2e avec 65,16 m, et Linda Stahl, 3e avec 64,91 m.

Une Canadienne participait à la finale. La Vancouvéroise Elizabeth Gleadle a pris le 12e et dernier rang avec un lancer de 58,78 m.

Smith s'arrête, Semenya comme un train

La Vancouvéroise Jessica Smith a été éliminée en demi-finales du 800 m.

L'unique Canadienne en lice dans les trois vagues a finalement pris le 22e rang des demi-finales, en 2:01,90.

Le meilleur temps a été l'oeuvre de la Sud-Africaine Caster Semenya. Son chrono de 1:57,67 représente un sommet pour elle cette saison.

La plus proche rivale de Semenya a été la Russe Elena Arzhakova, en 1:58,13.