Élections Québec 2012 - La CAQ confierait la gestion des RVER à la Régie des rentes plutôt qu'aux banques

Un gouvernement dirigé par la Coalition avenir Québec confierait à la Régie des rentes le mandat de gérer les régimes volontaires d'épargne retraite (RVER) dont le gouvernement Charest a annoncé la création au cours de son mandat, a annoncé mercredi François Legault.

Les RVER sont destinés aux travailleurs autonomes et aux employés qui n'ont pas accès à un régime de retraite collectif, une situation qui touche quelque 60 % des Québécois. Ils doivent être créés par les entreprises de cinq employés au cours d'une période de deux ans, à compter de janvier 2013.

Contrairement au plan du gouvernement Charest, qui prévoit que les RVER seront gérés par des institutions financières privées, la CAQ souhaite les confier à la Régie des rentes, dont les actifs sont administrés par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Selon M. Legault, cette façon de faire permettra d'inciter les travailleurs touchés à cotiser au RVER, mais elle leur sera aussi davantage profitable, puisque les frais de gestion à la Caisse de dépôt s'élèvent à 0,5 %, comparativement à environ 2 % dans le privé.

Selon lui, cet écart dans les frais de gestion permettra à un travailleur moyen qui gagne 30 000 $ par année, et qui épargne 4 % de son revenu, d'épargner à terme 34 000 $ de plus dans sa vie.

« Je pense que ça va être aussi beaucoup plus facile pour les entreprises d'avoir un régime bien construit, plutôt que d'aller commencer à magasiner un fonds de pension avec des entreprises privées », a ajouté le chef de la CAQ.

Vote de confiance envers la Caisse de dépôt

M. Legault croit que les fonds confiés à la Caisse de dépôt et placement seront bien gérés, malgré l'expérience malheureuse du papier commercial, un véhicule de placement risqué qui a fait perdre des milliards de dollars au bas de laine des Québécois il y a quelques années.

« Je pense que ça a été une expérience malheureuse, le papier commercial. La plupart des fonds de pension privés au Québec en ont aussi pris, mais je pense que compte tenu de la taille du portefeuille qu'on a à la Caisse de dépôt, on peut quand même penser que les fonds sont protégés », a-t-il dit.

M. Legault a aussi rappelé que la CAQ préconise que la Caisse de dépôt investisse dans des fleurons québécois. « C'est beaucoup plus rassurant d'investir dans des grandes entreprises québécoises qu'on connaît que d'investir dans les aéroports à Londres, dans l'immobilier à New York ou dans le papier commercial », assure-t-il.

« Là-dessus, il faut lui donner ça, M. Sabia a réussi à réduire le risque à la Caisse de dépôt », a ajouté le chef de la CAQ.

Le taux d'épargne des Québécois est insuffisant, dit Legault

M. Legault a aussi profité de l'occasion pour plaider en faveur d'un plus grand recours à l'épargne de la part des Québécois. Le taux d'épargne a chuté de 12 % en 1993 à 2 % selon les derniers chiffres publiés l'an dernier, a-t-il noté, en se disant « inquiet » de cette situation.

« On doit aussi sur ce sujet avoir un débat de valeurs au Québec. Il faut être capable de prévoir ce qui s'en vient avec notre retraite. Actuellement, à 2 % d'épargne, ce n'est pas suffisant pour y arriver », a fait valoir le chef de la CAQ.

« On a des déficits de 4 milliards de dollars et plus dans nos régimes de retraite, seulement dans les municipalités. Je vous dis ce matin qu'il y a 60 % des Québécois qui n'ont pas de fonds de pension privé. Est-ce qu'on va demander à l'ensemble des contribuables de venir combler le déficit pour les employés chanceux des municipalités qui ont un fonds de pension? On ne peut pas voir les choses comme ça », a poursuivi François Legault.

Lorsqu'un journaliste lui a demandé si les Québécois travaillent assez longtemps, il a répondu : « Faut être capable de se poser des questions. Il n'y a pas 56 000 recettes : soit on augmente les cotisations, soit on réduit les prestations, soit on allonge l'âge de la retraite. [...] On devra, avec les syndicats, avoir cette discussion », a-t-il lancé, sans préciser qu'elle était son option de prédilection.