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Des tests de féminité aux JO de Londres?

On se souvient tous de la controverse concernant la Sud-Africaine Caster Semenya, en 2009, qui avait remporté une course de 800 mètres et envers qui ses adversaires avaient demandé qu'on vérifie si elle n'était pas un homme. On lui reprochait une musculature prononcée et une voix rauque.

Semenya avait dû se soumettre à des tests où l'on avait décelé une présence anormalement élevée de testostérone chez elle. Rien à voir avec du dopage cependant, puisque son corps produit tout simplement davantage de testostérone que la moyenne des femmes. Mais est-ce que cette condition lui confère un réel avantage? Selon les spécialistes de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme, ce serait bien le cas. On souligne qu'une telle situation pour une femme lui permettrait de développer une plus grande masse musculaire, de faciliter la récupération et de développer un taux plus élevé de globules rouges dans le sang.

Caster Semenya (Getty Images)

Après l'épisode de 2009, Caster Semenya a pu reprendre la compétition et conserver sa médaille, mais l'AIFA a récemment spécifié que dorénavant, les femmes qui auraient de telles dispositions physiques devraient soit subir une chirurgie, soit recevoir un traitement pour éviter des controverses similaires.

Les réactions quant à ces mesures sont partagées. Semenya et son entourage ont accepté qu'elle suive un traitement pour qu'elle puisse continuer à compétitionner sur la scène internationale. Mais elle se refuse à tout commentaire sur le sujet. De toute façon, son nouveau look dissipe bien des doutes. Cheveux longs, musculature moins imposante et beaucoup plus féminine; il ne devrait plus y avoir personne pour douter du fait qu'elle est une femme. Voici une photo de Semenya pris lors d'une récente compétition :

Getty Images

Par contre, plusieurs critiques émanent contre ces nouvelles directives qui encadrent la nature féminine des athlètes. Les gens qui s'y opposent parlent de politique de la féminité basée sur des stéréotypes archaïques.

Les questions sur le sexe des athlètes féminines ne datent pourtant pas d'hier. Déjà dans les années 1960, les femmes devaient défiler en tenue d'Ève devant un panel d'experts pour confirmer qu'elles étaient « aptes » à prendre part aux compétitions… Comme quoi les temps changent, mais les questions restent les mêmes.

Le Comité international olympique, de son côté, étudierait présentement la possibilité d'implanter des règles similaires pour les jeux de Londres. Mais n'ayez crainte, Caster Semenya sera de la compétition et bien qu'elle y sera une des têtes d'affiche en athlétisme pour son pays, il est bien possible qu'elle ne ramène pas l'or à la fin des jeux. Mais si elle devait gagner? Est-ce qu'on questionnera à nouveau sa féminité? Le sport peut parfois être si sexiste et ingrat!