Sportivement Incorrect

Un col bleu à la tête du Canadien!

Le hasard ne pouvait faire mieux les choses. C'est hier, le 1er mai, fête des Travailleurs, que le Canadien a arrêté son choix sur Marc Bergevin comme successeur à Pierre Gauthier au prestigieux poste de directeur général des Canadiens.

Bergevin n'a jamais eu le statut de super-vedette dans la Ligue nationale, mais on ne joue pas 20 ans  et durant 1191 matchs dans la meilleure ligue au monde sans avoir quelque chose de spécial.

Marc Bergevin (Radio-Canada)

Dans les jours qui ont précédé le congédiement de Pierre Gauthier, nous dressions une liste de candidats potentiels autour de la table des Amateurs de sports, émission que j'anime tous les jours sur les ondes du 98,5 fm et à travers le Québec via le réseau Cogeco. Lorsque j'ai amené le nom de Marc Bergevin dans la conversation, on a fait la moue autour de la table et je comprends mieux pourquoi aujourd'hui. La plupart des observateurs à qui j'ai parlé depuis le début du processus avaient la même réaction : voyons donc Marc Bergevin! Personne ne le prendra au sérieux, c'était le clown dans le vestiaire, celui qui détendait l'atmosphère! Toujours le mot pour rire, pas à une niaiserie près…   Réussira-t-il à se débarrasser de cette image?

C'est par la qualité de son travail qu'il se débarrassera des préjugés qu'on pourrait avoir à son endroit. On dit de lui qu'il est un travailleur infatigable et un évaluateur de talent hors pair. Certains l'ont même comparé à Rick Dudley, un spécimen rare dans le monde hockey. C'est juste s'il ne couche pas dans son char afin de ne rien manquer!

Quand tu as joué 20 ans dans la LNH pour huit équipes différentes (les Blackhawks, les Islanders, les Whalers, le Lightning, les Red Wings, les Blues, les Penguins et les Canucks entrecoupés de séjours à Troy, Springfield, Worcester et Saginaw), tu tisses un réseau d'amis et de contacts impressionnant, un prérequis indispensable pour un directeur-gérant.

Il a fait ses classes en débutant comme recruteur professionnel en chef en 2007-2008 chez les Hawks pour ensuite rejoindre Joel Quenneville derrière le banc l'année suivante. Le Montréalais de 46 ans est ensuite devenu le directeur du personnel des joueurs des Blackhawks, pour finalement seconder le directeur-gérant Jack Bowman avec qui il a soulevé la coupe Stanley au printemps de 2010, ce qu'il n'avait pas accompli comme joueur.

Voilà un curriculum vitae impressionnant, mais ce qui le démarque des autres candidats, c'est sa personnalité très forte, ses qualités de rassembleur et ses habiletés de communicateur. En voilà un qui ne se cachera pas des journalistes et qui pourra répondre aux questions que se posent les partisans des Canadiens.

Je ne militais pas pour la candidature de Julien Brisebois, car je crois qu'on avait besoin d'un regard nouveau, de quelqu'un qui n'avait pas été élevé à l'école du Canadien. Brisebois a fait ses classes sous Gainey et Gauthier et justement, on devait s'éloigner de cette école de pensée. Ça n'enlève rien à ses qualités et à ses capacités, mais ce n'est pas le bon moment pour lui… Je suis aussi de ceux qui croient qu'un DG de la LNH doit avoir joué dans un niveau de hockey de haute compétition pour comprendre les subtilités d'un vestiaire et ses composantes. Si le CH désire toujours attirer Patrick Roy, il fallait quelqu'un capable de le regarder dans les yeux et parler au même niveau que lui. La tablette du foyer de Bergevin n'est pas aussi encombrée de trophées que celle de Casseau, mais ses lettres de créance obligent le respect.

La lune de miel est déjà terminée Marc. Tu te mets au travail immédiatement. Tu dois trouver un entraîneur-chef et son personnel d'adjoints,  t'entourer de personnes de confiance, t'attaquer de front au cas Gomez, renégocier les contrats de Price et Subban, évaluer le marché des joueurs autonomes, mais surtout, surtout, redonner une identité au Tricolore.

Bonne chance Marc! La tâche est colossale, mais le travail ne fait pas peur à un col bleu...

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La blague du jour : Le malheureux finaliste est selon plusieurs informateurs : Pierre Mcguire qui est devenu en quelque sorte le Témoin de Jéhovah de la LNH. Il cogne à la porte, mais il n'entre jamais!