Sportivement Incorrect

M.Villeneuve: Les poolers en « burnout »!

La majorité des amateurs de hockey qui participent aux séries éliminatoires ont fait le plein de joueurs des Penguins et des Canucks, car les deux équipes étaient favorites pour s'affronter en grande finale de la coupe Stanley. J'ai bien dit "ÉTAIENT", car Pittsburgh et Vancouver sont officiellement en vacances et ils n'auront même pas réussi à franchir le premier tour. On anticipait des surprises, mais elles sont venues du côté où l'on s'y attendait le moins! Que s'est-il passé?

Du côté de Pittsburgh, facile de faire porter le fardeau de la défaite sur les épaules de Marc-André Fleury. Je suis bien mal placé pour le défendre avec pareilles statistiques : moyenne de buts accordés de 4,63 et pourcentage d'efficacité de 0,835. Fleury est loin d'afficher la régularité en séries éliminatoires d'un gardien de son talent. Rappelons-nous le printemps 2010 où le Canadien l'a malmené et au lendemain de l'élimination de son équipe face au Tricolore, on entendait les mêmes critiques qu'aujourd'hui.

(Photo de Paul Bereswill/Getty Images)

Fleury endosse sa part de responsabilités, mais où étaient les Crosby, Malkin et Neal qui ont été éclipsés par Giroux, Jagr et Hartnell? Dans une série à l'indice d'octane offensif aussi élevé, les chiffres de Crosby (3-5) Malkin (2-5) et Neal (2-4) n'indiquent pas vraiment leur rendement face aux Flyers. Ils ont été totalement absents lors des deux dernières rencontres et n'affichaient aucun mordant dans leur jeu. Il y a surement encore des restes de commotion chez Crosby qui a été frappé à chaque occasion qui se présentait et Claude Giroux a réglé son cas en lui assenant une percutante mise en échec légale au centre de la patinoire dans les premières secondes de la rencontre. Le 87 n'a ensuite joué qu'un rôle de figurant dans les 59 minutes suivantes. Dans le cas de Malkin, j'ai l'impression de me répéter, il n'est pas le même lorsqu'il partage les feux de la rampe avec son capitaine. C'est plutôt Jordan Staal qui a tiré la charrette et tôt ou tard, les Penguins devront trouver une façon d'exploiter son talent offensif. Des semaines de réflexion intéressantes à venir chez les Penguins.

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Les Flyers étaient en mission. Ils étaient beaucoup plus affamés que leurs rivaux, Claude Giroux en tête. Le travail de démolition du début de séries a rapporté des dividendes. Le réservoir d'énergie et d'émotions des Penguins était à vide. Ce Giroux a convaincu tous ceux qui doutaient de son immense potentiel. En plus d'un talent naturel, il a affiché des qualités de leader et c'est Paul Holmgren qui doit se frotter les mains aujourd'hui en se disant qu'il a pris la meilleure décision de sa carrière en lui confiant l'équipe après s'être débarrassé des Richards et Carter. Est-ce que quelqu'un s'ennuie de Chris Pronger?

Du côté de Vancouver, c'est la désolation. Les Canucks n'étaient qu'à une victoire de la coupe Stanley le printemps dernier. Douze mois plus tard, les Canucks n'ont remporté qu'une seule victoire avant de plier bagage face aux Kings. Pas question de donner du crédit à l'adversaire, on réclame que des têtes tombent. Est-ce que ce sera celle d'Alain Vigneault ou celle de Roberto Luongo? On oubliera rapidement qu'Alain a mené son équipe à deux trophées du Président d'affilée, mais n'a pas réussi à conduire son équipe jusqu'au paradis. Les rumeurs circulaient à Vancouver avant le début des séries : Alain Vigneault avait perdu le contrôle de sa chambre… L'équipe la plus détestée de la ligue avait perdu de ses capacités en séries éliminatoires, incapable de compétitionner avec les Kings moins bavards, mais plus imposants physiquement. Ces dénigreurs les plus acharnés soutiennent qu'il ne coachait plus, se contentant de fonctionner sur le pilote automatique.

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Luongo n'a pas été mauvais, juste décent, mais on a officiellement passé le flambeau à Cory Schneider. C'est la fin des haricots pour Luongo. Mike Gillis, le DG des Canucks, devra redoubler d'efforts et d'imagination pour refiler le plantureux contrat de Luongo à une formation à la recherche d'un bon gardien de but, mais la réputation de Luongo en a pris un coup et on ne sait pas s'il sera capable de se relever!

L'avenir du DG des Kings, Dean Lombardi, tenait à un fil. Il sauve son emploi avec cette première victoire en séries éliminatoires en 11 ans. On s'est tous moqués de lui lorsqu'il a sorti Darryl Sutter des boules à mites pour lui confier les guides de sa formation. La magie a opéré. Ses joueurs ont joué du hockey à son image; du hockey serré, physique, axé sur la défense et un gardien qui se surpasse devant ses filets. C'est la recette traditionnelle pour gagner des matchs serrés, à bas pointage, en séries éliminatoires.

Des vacances précipitées pour les joueurs des Penguins et de Canucks. Ceux des Rangers et des Hawks pourraient subir le même sort dès ce soir. Poolers, n'envahissez pas les rues de Montréal pour manifester contre l'inertie de vos favoris. On a assez des étudiants!