Sportivement Incorrect

M.Villeneuve: Le golf, un sport cruel!

S'il subsistait un doute dans votre esprit, c'est réglé dans mon cas : il n'y a pas un sport aussi cruel que le golf et ce dimanche soir au club Olympic de San Francisco l'a prouvé hors de tout doute!

Webb Simpson (AP Photo/Ben Margot)

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Cruel parce que Tiger Woods croyait encore en ses chances de remonter la pente après une 3e ronde désastreuse. Les statistiques jouaient en sa faveur. Il posséderait environ 80 % des chances de l'emporter lorsqu'il menait après la 2e ronde, mais le traditionnel chandail rouge du dimanche n'a plus le même effet. Il a commencé son dernier parcours avec 2 bogeys, un double boguey suivi d'une normale et de 2 autres bogeys. À +6 après 6 trous, c'en était fait du Tigre.

Cruel parce qu'une première victoire dans un tournoi Grand Chelem était à la portée de Lee Westwood. Avant d'entamer sa ronde finale, Westwood pouvait se vanter d'avoir terminé 7 fois dans le Top 3 depuis 2009 et affichait la meilleure moyenne de coups par ronde de tous les participants au cours de cette période incluant les présentations du Masters, du U.S. Open, du British  Open et du PGA championship. Le dieu du golf n'est pas avec lui. Bien positionné à trois coups de la tête au 5e trou, Westwood n'a jamais vu la balle frappée avec son bois 1 toucher le sol. Elle est restée suspendue dans un cyprès et après une attente de 5 minutes, il est retourné sur le tertre de départ pour reprendre à trois et terminer avec un double bogey. On ne l'a pas revu par la suite.

Cruel pour le vétéran Jim Furyk. Installé seul ou partageant la tête du classement depuis le milieu de l'après-midi vendredi, Furyk était en possession de tous ses moyens jusqu'au 16e trou, une normale 5. Sur un pied d'égalité avec Webb Simpson , sorti de nulle part, Furyk frappe le pire coup de bois 3 de sa vie avec un crochet prononcé à gauche. Il a la chance de s'en tirer, mais avant d'exécuter son coup roulé, il jette un coup d'oeil au tableau indicateur électronique, perd sa concentration et la tête avec un bogey. La malédiction l'a frappé puisqu'il avait déclaré après la 3e ronde qu'il se devait de l'emporter, car pour un golfeur de 42 ans, la fenêtre d'opportunité se ferme rapidement dans l'espoir de remporter un autre tournoi majeur.

Cruel pour Grame Mc Doweel, gagnant en 2009. Il s'est placé en bonne position avant d'aborder le neuf de retour, là où il a dominé toute la semaine.    Il était +9 sur le 9 d'aller et -8 sur le 9 de retour; un différentiel de +17 qui militait en sa faveur. Mais McDowell, qui dominait le circuit pour la précision de ses coups de départs, a raté 8 allées consécutives. Il s'est accroché, mais a été incapable de caler un long coup roulé au 18e, ce qui aurait forcé la prolongation.

Cruel aussi pour le jeune gagnant Webb Simpson, car ce n'est pas assis dans le chalet avec ta blonde que tu veux gagner ton premier Majeur, mais bien sur le terrain. Il a assisté à la déconfiture de Furyk et la remontée inachevée de McDowell pour l'emporter. Il a été le seul golfeur à jouer sous la normale parmi les 9 derniers duos à prendre le départ dimanche après-midi. Deux rondes consécutives de 68 pour terminer un US Open, ça relève de l'exploit compte tenu de l'extrême difficulté du parcours. Pas mal pour un golfeur de 26 ans qui en était seulement à sa 2e participation à l'omnium national de son pays.

Jack Nicklaus peut dormir en paix, car j'ai la ferme conviction que son record de 18 victoires en tournois majeurs ne sera jamais battu. Tiger en gagnera peut-être un autre s'il est chanceux, car avec la horde de jeunes loups qui n'attendent que leur moment pour inscrire une victoire qui leur permettra d'entrer dans l'histoire, une domination comme celle qu'a exercée le Golden Bear ou Tiger sera impossible à répéter. En mettant la main sur le US Open hier soir, Webb Simpson est devenu le 9e gagnant consécutif d'une première victoire dans un Majeur et le 15e différent vainqueur depuis que Tiger a ouvert la porte après l'open américain de 2008.

Et dire qu'on croyait que Rory Mcilroy était parti pour la gloire. Le jeune prodige a raté la coupure pour un 4e tournoi consécutif. S'il rêve de jouer dans la cour des très grands, il devra se concentrer davantage sur son travail que sur la vie de jet-setter!

Bravo Marc Bergevin…

Je me permets une petite parenthèse pour saluer le travail du nouveau DG du Canadien, Marc Bergevin.

C'est vrai que le Tricolore n'a pas encore gagné une seule victoire sous le régime Bergevin, mais j'aime ce qu'il a construit jusqu'à maintenant, car il fait confiance à plusieurs gars de chez nous ou de gars qui ont travaillé au Québec et qui nous ressemble. C'est avec cette identité que les Glorieux remonteront la pente. Bergevin aura une autre occasion de nous convaincre de sa fibre nationaliste en fin de semaine prochaine lors du repêchage d'entrée de la LNH.

À la semaine prochaine!