Sportivement Incorrect

M.Villeneuve: Le crépuscule des Dieux

Roger Federer a remporté le tournois de Wimbledon, le 8 juillet. (Getty Images)Vous vous souvenez du programme publicitaire sportif Champions de Gillette où Roger Federer, Tiger Woods et Thierry Henry vantaient les mérites des accessoires de rasage du groupe américain Proctor et Gamble?

On y voyait les 3 grandes vedettes internationales du sport au sommet de leur art, vivant au présent ne regardant jamais en arrière. Ça se passait en 2008, la réclame publicitaire télévisée remportait plusieurs grands prix internationaux. 4 ans plus tard, on ne retiendrait les services que d'une seule de ces superstars: Roger Federer.

Les mésaventures de Tiger tant sur le plan sportif que personnel l'ont éloigné du modèle parfait de l'athlète moderne. L'étoile de Thierry Henry a pâli depuis son passage en MLS alors qu'il étire une carrière glorieuse.  On croyait Roger Federer sur le déclin. On évoquait son palmarès comme celui d'un champion d'une époque révolue. Les images de sa victoire à l'open d'Australie en 2010 seraient les dernières de Federer en finale d'un tournoi grand chelem. C'était mal le connaître ; il y a cette flamme qui brûle encore en lui et qui lui permet encore de croire qu'il peut dominer la scène du tennis mondial masculin malgré ses 30 ans.

Ce qu'on a vu au cours de la dernière quinzaine sur le gazon anglais de Wimbledon et particulièrement hier en finale contre le britannique Andy Murray ne font qu'ajouter à sa légende. 7 titres anglais, 17 victoires en Grand Chelem, 286 semaines au sommet du classement mondial de l'ATP.  Au delà des statistiques et des records, c'est de la façon dont il gagne. Le Bâlois est non seulement le plus grand champion de tous les temps mais il est le champion le plus fluide de l'histoire. Je laisserai aux véritables experts de tennis décortiquer le style du Suisse mais je ferai le parallèle suivant: si la rondelle courait après Wayne Gretzky, la balle semble toujours se diriger vers Federer. Il n'y a que les plus grands grands qui profitent d'un don surnaturel.

A-t-il besoin de prendre une douche après un effort comme celui d'hier face à Murray ? Sans doute mais contrairement à ses rivaux, il n'est jamais trempé de sueurs, jamais décoiffé, ses tenues classiques toujours impeccables. Roger Federer est un extraterrestre qui s'acquitte à merveille de ses responsabilités d'un super champion avec une discrétion et une classe légendaire.

Réflexions sur un autre weekend passionnant de sport…

-Bravo à nos compatriotes Eugenie Bouchard et Pilip Peliwo qui deviennent les premiers canadiens à remporter un titre en simple dans un tournoi grand chelem. Ils ont réussi l'exploit à Wimbledon. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils connaîtront une super carrière chez les pros mais Eugenie pourrait s'inspirer de la polonaise Radwanska, championne il y a 7 ans à Wimbledon, qui s'est incliné en finale devant la revenante Serena Williams.

-Je suis un fan de cyclisme mais j'ai perdu beaucoup d'intérêt pour le Tour de France avec le retrait du canadien Ryder Hesjedal. Peut-être que les épreuves de montagne et la fougue des jeunes comme Sagan et Pinot me redonneront la piqûre de la Grande Boucle !

- Larry Robinson était donc à la recherche d'un emploi. Les Sharks de San Jose ont sauté sur l'occasion. Loin de moi l'idée de diminuer la qualité de l'embauche de Jean-Jacques Daigneault chez le Canadien mais le grand Robinson réunissait toutes les qualités pour développer plusieurs jeunes défenseurs talentueux de l'organisation montréalaise. Avec le vent de fraîcheur et de jeunesse qui souffle au 7-e étage du centre Bell, on a décidé de regarder devant et non derrière. Dommage !

-Enfin de la magie Di Viao… le joueur désigné de l'Impact n'a toujours pas marqué depuis qu'il enfile le maillot bleu, blanc et noir de l'Impact mais il a démontré hier soir contre Columbus qu'il avait une coche au dessus de tout le monde avec une technique impeccable. On commence à le trouver sur le terrain, Patrice Bernier l'a cherché toute la soirée. Di Viao est un marqueur naturel, hier soir, il était distributeur de ballons. À l'entraîneur-chef Jesse Marsh de lui trouver la bonne combinaison car les attaquants montréalais ne possèdent pas la touche pour compléter les inspirations du petit attaquant italien. Faut donc maximiser son investissement et dénicher la perle rare pour alimenter Di Viao…

-En terminant, je suis encore sous le choc des images de la conférence de presse donnée par Alexandre Despatie la semaine dernière. Comment Alexandre peut-il être prêt mentalement pour les Jeux de Londres après s'être ouvert le crâne sur une dizaine de centimètres lors d'une compétition préparatoire à Madrid il n'y a même pas un mois ? Le double médaillé d'argent olympique et triple champion du monde devra exécuter ce fameux triple saut périlleux et demi retourné pour monter sur le podium londonien.  Je ne sais pas ce que les Jeux de Londres réserve comme chant du cygne pour Alexandre mais j'aimerais lui et vous rappeler que c'est à la piscine que se sont déroulés les plus grands drames du sport olympique québécois avec Annie Pelletier et Sylvie Fréchette comme principales actrices.

Bonne semaine !