Sportivement Incorrect

M. Villeneuve: Hesjedal, un nouveau héros canadien!

La question m'a trotté dans la tête toute la nuit : par où commencer? Lucian Bute, les Cataractes, Ryder Hesjedal? Ce weekend de sport fut sans doute l'un des plus passionnants de l'année 2012, même si le Canadien est en vacances depuis près de deux mois. Qui a dit qu'il n'y en avait que pour la Sainte Flanelle? SVP, tenez un autre discours!

The Associated Press

Je suis devenu au fil des ans, un fan de cyclisme et l'exploit accompli par Ryder Hesjedal au Giro sonne les mêmes cloches chez moi que le triomphe de Mike Weir au Tournoi des Maîtres de 2003. Hesjedal est entré dans l'histoire du sport canadien, pardon dans l'histoire du sport international. Un Canadien au sommet du monde cyclisme, du jamais vu! Ce n'est pas la victoire qui m'impressionne chez Hesjedal, mais la façon dont il s'y est pris pour l'emporter.

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Qui prévoyait la victoire du grand Canadien il y a trois semaines au départ du Giro au Danemark? Hesjedal s'est hissé parmi les meneurs, vendredi le 11 mai à Porto Sant'Elpidio. Le lendemain, il porte pour la première fois le maillot rose de leader en prenant le 5e rang lors de la 7e étape. Ryder échappe le maillot rose à Joaquin Rodriguez, qui réussit le doublé, victoire d'étape à Assise et premier rang au classement général avec une avance de 17 secondes sur le leader de Garmin.    Première épreuve de montagne le 19 mai, Hesjedal démontre son sérieux en reprenant le rose à l'Espagnol lors de la 14e étape à Cervinia, avant de le redonner à Sanchez le lendemain. Le tour se joue vendredi dernier, lors de la 19e étape avec un grand numéro à l'Alpe di Pampeago, alors qu'il termine deuxième derrière Roman Kreuziger, retranchant 13 secondes à Rodriguez toujours en rose. Samedi, il s'est battu comme seul un grand champion est capable de le faire. Laissé à lui seul au Stelvio, il s'accroche et demeure à 30 secondes du meneur battu à l'avance en raison de la supériorité du Canadien dans le contre-la-montre individuel dans les rues de Milan. Mais le suspense a duré jusqu'à la toute fin. Sanchez n'a pas abdiqué, réalisant l'une de ses meilleures performances sur le plat, mais concédant finalement 47 secondes à Hesjedal, qui remporte le Tour italien par 16 secondes, la plus petite avance de l'histoire du Giro. On nous répétait sans cesse que Ryder était à son mieux dans la dernière semaine d'un grand tour. Plus de doutes cette fois. Tu entres dans la légende si tu excelles dans toutes les disciplines : vitesse pure, moyenne montagne et haute montagne. Le drapeau canadien attaché à un bâton de hockey sur l'estrade d'honneur devant la Duomo à Milan est beaucoup plus qu'un symbole. Nous ne sommes plus seulement de rudes canadiens semant la terreur sur les surfaces glacées, mais nous sommes partis à la conquête des plus grandes épreuves sportives à travers la planète.

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Bravo Ryder Hesjedal. Tu as réussi ce que seuls les plus grands peuvent faire : unir tous les Canadiens d'un océan à l'autre. Mais attention, le plus dur reste à venir. On s'attend dorénavant à ce que tu sois à l'avant-plan à chaque course, ce que Mike Weir a été incapable de faire après son exploit à Augusta. Sera-t-il au départ du Tour de France dans un mois à Liège? Je serais surpris qu'il n'y soit pas, car la réputation d'un champion canadien est de toujours respecter ses obligations.

P.S.  Aux organisateurs du Tour de France : Un évènement digne de ce nom ne se termine pas par une épreuve qui couronne un grand champion, mais par une parade où l'on sable le champagne.

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Je poursuivrai dans le positif en saluant la victoire des Cataractes de Shawinigan, qui ont déjoué les calculs de tous les experts en revenant de l'arrière pour mettre la main sur la coupe Memorial après 43 ans d'attente. Battre coup sur coup les champions de l'Ouest, du Québec et de l'Ontario, ce n'est pas une mince affaire et l'organisation des Cats mérite toute notre admiration. La victoire d'un petit marché permet à toutes les équipes évoluant en région de rêver.

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Finalement, un mot sur la défaite de Lucian Bute. Une première défaite, c'est toujours dur à avaler, mais la vraie défaite, c'est d'être incapable de se relever. C'est dans les prochains mois que Lucian Bute nous convaincra qu'il est ou non le champion qu'on croyait qu'il était. Samedi, Carl Froch ne lui pas donné le temps de démontrer son talent. Il l'a attaqué dès le son de la cloche. Il n'y a jamais eu de combat, mais seulement une bagarre et à ce jeu-là, le bagarreur a toujours le dessus sur le boxeur.

À la semaine prochaine...