Le vestiaire

Canadien: des partisans qui ont tout pardonné

Erik Cole (Getty Images)
Quelques amateurs s’étaient massés devant le Centre Bell en début de matinée jeudi afin d’être les premiers à obtenir un siège pour la rencontre intra-équipe présentée en soirée. Plus de 17 000 personnes se sont par la suite ajoutées à ses amateurs et tous ont finalement pris place dans l’amphithéâtre avant le coup d’envoi de la rencontre. L’accueil que la foule réservait aux joueurs allait offrir une bonne indication du déroulement de la soirée. C’est finalement avec une ovation générale que les amateurs ont salué leurs joueurs à la suite du fameux « accueillons nos Canadiens » de Michel Lacroix.

La rancune, les huées et les menaces de boycott n’ont donc finalement été que des paroles lancées sous le coup de la frustration lors des derniers mois. Certes, ceux et celles qui souhaitent réellement boycotter le hockey de la LNH n’étaient pas présents jeudi soir, mais cette soirée gratuite permettait à bien des amateurs de vivre une expérience qu’ils n’auraient probablement pas pu connaître autrement.

« Je ne suis jamais venu au Centre Bell. C’est la première fois que je peux amener mon fils voir les joueurs du Canadien. Je n’ai pas du tout les moyens de m’acheter des billets, alors cette occasion est unique pour mon garçon et moi », affirmait Sylvain Héroux de Berthierville, un peu avant la rencontre.

Bien des gens rencontrés à proximité du Centre Bell affirmaient qu’ils n’avaient vraiment pas apprécié l’arrêt de travail, mais que leur intérêt pour le hockey surpassait de loin l’envie de bouder leur plaisir.

« On voit déjà une certaine frénésie et on n’est qu’au camp d’entraînement. Je pense que les gens vont oublier très rapidement le lock-out. Je crois que les Québécois ont la mémoire courte. Notre devise est Je me souviens, mais je crois que tous nous allons oublier bien vite le conflit de travail », mentionnait Michel Pagé, de Lanaudière.

« J’avais vraiment envie de voir les recrues ce soir, j’ai même déjà trois paires de billets d’achetées pour cette saison », témoignait Samuel Bourque, de Longueil.

De son côté, Annie Malouin, de Beloeil, est venue au match en compagnie de son fils, mais elle n’a jamais pensé boycotter le hockey professionnel.

« L’idée d’un boycott ne m’a jamais traversé l’esprit, j’attendais de pied ferme le retour du hockey. C’est sûr et certain que nous allons acheter des billets, même si ce n’est pas encore fait pour l’instant! »

D’autres amateurs profitaient toutefois de cette occasion, en soulignant qu’ils n’ont nullement l’intention d’acheter de billets ou des produits dérivés, afin de ne pas encourager la LNH. C’est le cas de Thomas de Greenfield Park.

« J’ai eu envie de boycotter le hockey, mais étant donné que ce soir, c’est gratuit, on ne va pas bouder notre plaisir. C’est certain que s’il y avait eu un coût d’entrée, je ne serais pas venu ce soir! Je n’ai pas avoir envie d’encourager Gary Bettman en achetant des billets cette année. »

Une foule active et énergique!

Au moment où la rencontre a été mise en branle, les partisans se sont immédiatement mis de la partie. L’atmosphère ne donnait nullement l’impression qu’il s’agissait d’une rencontre intra-équipe. En omettant les joueurs sur la patinoire, on aurait pu imaginer une rencontre de saison régulière. Des vagues géantes ont d’ailleurs fait le tour de la patinoire à quelques reprises, au grand bonheur des amateurs et de quelques joueurs assis aux bancs, qui s’émerveillaient de l’ambiance dans l’amphithéâtre. Les partisans ont été très généreux envers le nouvel entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien, lorsqu’on l’a présenté sur l’écran géant en milieu de première période.

Les partisans ont aussi interagi avec les gardiens Carey Price et Peter Budaj à plusieurs occasions. Les deux gardiens semblaient beaucoup s’amuser lorsqu’ils entendaient leur nom en provenance des gradins. La foule s’est aussi levée d’un bon afin d’applaudir le jeune Alex Galchenyuk, après que celui-ci ait réussi une feinte magistrale contre Budaj en tirs de barrage. C’est cependant le petit guerrier québécois Francis Bouillon, qui a reçu la plus belle ovation de la soirée tout juste avant de s’élancer pour son tir de barrage.

Mentionnons qu’avec trois minutes à faire à la rencontre, ainsi que lors des tirs de barrage, les 17 000 personnes présentes dans l’amphithéâtre ont scandé en coeur : « On veut P.K.! ». Un message qui a sans doute été entendu par la direction de l’équipe.

Geoff Molson et l’état major du Canadien qualifieront certainement cette opération marketing de grande réussite. De nombreux amateurs espérerent que cette initiative sera renouvelée dans le futur et qu’elle deviendra une tradition lors des camps d’entraînement.

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