M.Villeneuve: L'une des plus belles pages du sport canadien dans l’un de ses plus tristes chapitres…

Christine Sinclair (Reuters)


Le soccer féminin nous a offert un après-midi magique aux Jeux de Londres.

D'abord, les Françaises et les Chinoises nous ont tenus sur le bout de nos sièges avec un spectacle axé sur l'attaque. Les Japonaises doivent remercier le ciel pour leur qualification à la finale olympique, car elle n'ont fait que se défendre face à des Françaises décidées à éliminer les championnes en titre.

Pauvre Élise Bussaglia qui aura sans doute beaucoup de difficultés à trouver le sommeil après avoir raté un penalty à la 78e minute de jeu qui aurait égalé la marque 2-2 et ajouté une pression supplémentaire aux Japonaises. Mais pareille domination ne rime pas toujours avec victoire et les Françaises l'ont appris à leurs dépens en s'inclinant 2-1.

Pour bien illustrer l'intensité du duel Canada-USA lors de l'autre demi-finale, je tempêtais à chaque fois qu'on interrompait la retransmission de la rencontre pour suivre la progression d'Alexandre Despatie en préliminaires au tremplin de 3 mètres. Désolé Alex...

Les Canadiennes incapables de battre les Américaines depuis 2001, battues 23 fois en 27 parties, surclassées 63-17 au chapitre des buts et blanchies en 14 occasions ont poussé l'équipe numéro UN au monde dans les câbles. Trois fois les Canadiennes ont réussi à prendre les devants dans le match grâce à Christine Sinclair, la meilleure joueuse au monde, mais les Américaines n'ont jamais abandonné, revenant de l'arrière à chaque fois, la dernière sur un penalty d'Abby Wambach.

Imaginez l'ampleur de l'exploit; marquer trois buts en demi-finale olympique sur la pelouse du mythique Old Trafford, domicile du Manchester United. Bien marquée par ses adversaires, Christine n'a touché au ballon que trois fois en temps règlementaire et elle a réussi à le rediriger derrière la grande Hope Solo. Le feu dans les yeux de Sinclair n'est pas sans nous rappeler celui du Rocket Richard. Cet exploit de Sinclair n'est pas couronné d'une médaille d'or, mais il fait maintenant partie des plus grands moments de l'histoire sportive canadienne.

Mais ce qui devait s'inscrire comme l'un des plus grands moments de l'histoire du sport canadien le sera dans l'un des chapitres les plus tristes. Les Canadiennes étaient à 15 secondes d'une décision en penaltys, mais elles accordent un but dans les arrêts de jeu après les deux périodes de prolongation sur une tête de l'excellente Alex Morgan, la meilleure joueuse dans le camp des Américaines.

L'expression "défaite crève-cœur" prend tout son sens aujourd'hui pour les Françaises et les Canadiennes sur les pelouses olympiques de soccer. Mais cette défaite pour les nôtres a quand même des allures de victoire puisque jamais autant de Canadiens et de Canadiennes auront vibré pour le soccer féminin, qui en sort grandi.

Nos filles méritent toute notre admiration avec leur déconfiture au dernier mondial féminin alors qu'elles ont terminé au tout dernier rang. Le nouveau sélectionneur John Herdman a accompli un boulot remarquable en remettant la barque canadienne à flots. Le talent était là, mais les joueuses n'y croyaient plus. Il lui a fallu une approche psychologique exceptionnelle pour en arriver là!

Reste à savoir maintenant qui du Canada ou de la France se remettra de ce revers. On le saura jeudi, lors du match pour la médaille de bronze.

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