Émilie Heymans, la “Despatie” du plongeon féminin

Si Alexandre Despatie est un choix unanime pour le titre de meilleur plongeur de l'histoire canadienne, il subsistait encore un doute sur l'identité de la meilleure plongeuse du "plus meilleur pays du monde".

Getty Images

Dans le coeur des anglophones, Beverley Boys occupe une place particulière parce que c'est elle qui a pavé la voie à toute une génération de plongeuses québécoises.  Malgré 34 titres nationaux (il y en avait 2 par année à une certaine époque), elle demeure la plongeuse canadienne la plus sacrée sur la scène canadienne sauf qu'elle n'a jamais monté sur un podium olympique, ratant le bronze par 0.02 aux Jeux de 1972 à Munich.

Le dernier plongeon de Sylvie Bernier sur le tremplin de 3 mètres aux Jeux de Los Angeles lui a permis d'entrer dans l'histoire du sport canadien. Elle devançait deux américaines pour remporter la médaille d'or, la toute première de l'histoire du plongeon canadien doublé de l'honneur d'être la première médaillée d'or québécoise aux Jeux Olympiques. Elle est d'ailleurs la dernière plongeuses non-chinoise, à avoir remporté la médaille d'or, un exploit qui remonte maintenant à 28 ans.

À LIRE | Le bronze pour Abel et Heymans

Sa "fille adoptive", Annie Pelletier, a bien assuré la relève avec des podiums aux Jeux du Commonwealth, aux Mondiaux Aquatiques et aux Jeux Pan Am. Elle ne parvient cependant pas à se couronner d'or aux olympiques, mais sa remontée spectaculaire aux Jeux de 1996 à Atlanta qui lui permet d'enlever la médaille de bronze lui ont donné un capital de sympathie incroyable auprès de la communauté sportive.

Sauf que depuis dimanche, Émilie Heymans a dissipé tous les doutes sur l'identité de la "Despatie féminine"!  En obtenant le bronze avec Jennifer Abel lors de l'épreuve de 3 mètres synchro aux Jeux de Londres, elle procurait la première médaille au Canada. Son palmarès lors du plus grand rendez-vous sportif sur la planète n'a pas son égal.

À 30 ans, elle a monté sur tous les podiums olympiques depuis Sydney en 2000 alors qu'en compagnie d'une autre Québécoise, Anne Montminy, elle avait raflé l'argent au 10 mètres synchro. Quatre ans plus tard, à Athènes, c'était le bronze avec Blythe Hartley comme coéquipière. Puis, en 2008 à Pékin, c'était l'exploit de sa carrière en solo avec une médaille d'argent au 10 mètres. Elle avait ensuite mérité le bronze en 2004 à Athènes au 10 m synchro avec Blythe Hartley, puis l'argent au 10 m individuel à Pékin, il y a quatre ans.

Elle aura une dernière chance de conquérir LA médaille qui manque à son palmarès au tremplin de trois mètres plus tard cette semaine, mais ses chances de l'emporter son plutôt minces. Je me suis souvent posé la question à savoir pourquoi Emilie Heymans ne recevait pas tout le crédit et la reconnaissance qu'elle mérite avec un pareil parcours. C'est peut-être parce qu'elle ne possédait pas la beauté et le charisme de Sylvie et d'Annie, mais le temps est venu de reconnaître l'athlète de Saint-Lambert comme LA PLUS GRANDE plongeuse de l'histoire du Canada.

Quelques réflexions…

- Est-ce que les filles sauveront encore l'honneur de l'unifolié à Londres? Outre la médaille du duo Heymans-Abel, il faut saluer la qualification de l'équipe de gymnastique qui se qualifie pour le concours par équipe. Le Canada a déjà participé à la finale, mais les meilleures équipes étaient absentes à Los Angeles en '84 en raison d'un boycott!  Les Canadiennes qui ont soif d'or en aviron sont passées directement en finale du 8 en pointe, là où leurs homologues masculins ont fait patate au premier tour. J'aimerais également souligné la superbe performance de la Lavalloise, Joelle Numainville, 12e lors de la course sur route. C'est dans les faits une 4e place puisqu'elle termine dans le peloton, qui suivait les 3 athlètes montées sur le podium…

- À peine deux journées complètes de compétitions et le face-à-face Chine/États-Unis est à son meilleur. Les Chinois ont 12 médailles, une de plus que les Américains, mais 6 en or contre 3 pour nos voisins du sud. Et c'est loin d'être terminé…

- Les records du monde tombent à nouveau à la piscine olympique et cette fois, ce n'est pas la faute des maillots. Le duel Ryan Lochte - Michael Phelps retient toute l'attention aux compétitions de natation, mais la présence des 2 superstars de la natation mondiale n'a pas empêché les Français de venger leur déconfiture d'il y a 4 ans à Bejiing alors qu'ils avaient laissé filer leur avance pour paver la victoire aux Américains et à Phelps qui remportait son historique 8-e médaille d'or. Une véritable claque au visage des Américains qui dominaient le relais 4 x 100 mètres aux Jeux depuis  l'inscription de cette épreuve au calendrier des compétitions à Tokyo en 1964. Si on exclut le boycott de '80 à Moscou, le palmarès américain se lit comme suit: 7 médailles d'or consécutives, puis l'argent à Sydney, le bronze à Athènes, l'exploit de 2008 à Bejiing et finalement, l'argent londonien. Ils ne sont plus seuls dans la piscine.  Pensons aux Français et aux dangereux Sud-Africains…

Olympiques; olympiades; les anneaux olympiques; Plus vite, plus haut, plus fort; Citius, Altius, Fortius ainsi que les marques et mascottes afférentes sont la propriété du Comité international olympique, du Comité organisateur des Jeux olympiques et paralympiques de Sotchi ou d’organisations qui leur sont apparentées. Aucune de ces entités n’est liée au présent site ni ne l’a approuvé.